La
genèse de l'homme de Dieu
ENFANCE ET JEUNESSE -- NOTES DE JEUNESSE
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Le Père Marie-Joseph Le Guillou est originaire de Servel, petite commune des Côtes d’Armor, aujourd’hui intégrée à Lannion. Il naquit le 25 décembre 1920 et le recteur de Servel eût voulu le prénommer Emmanuel. Ses parents étaient d’origine modeste. Sa mère était couturière ambulante dans les fermes, son père second maître fourrier dans la Marine nationale ; il terminera cependant sa carrière comme administrateur civil à l’Institut national de la Statistique. Ils en décidèrent autrement et l’appelèrent Marcel. Au retour du père après une campagne de plus deux ans en Chine et au Japon, où il assista au tremblement de terre de Yokohama en 1923, la famille s’installa à Brest où le jeune Marcel devait faire ses études primaires et sa première communion (communion solennelle) en 1930. Ce fut ensuite Paris, au 106 rue Lemercier, puis 22 rue Brochant en 1937.
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En octobre 1931, après un succès à l’examen des Bourses, il entra au Lycée Carnot où il fit toute sa scolarité secondaire, de 1931 à 1938 : études brillantes, ses bulletins scolaires l’attestent, sauf en gymnastique qui ne fut jamais sa matière forte. D’une manière générale, les trimestres se terminaient presque toujours par les félicitations du Conseil de discipline. On lit effectivement sur l’un des bulletins : trimestre, dans l’ensemble, très bien employé. En octobre 1938, il entra au lycée Henri IV pour préparer l’école normale supérieure. |
"Toute
mon enfance n’est qu’une longue préparation dans
la pauvreté, le renoncement : comme j’aime l’humilité
et l’exemple de travail donné par papa et maman ;
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La guerre, en 1939-1940, modifia ses projets. Les classes préparatoires quittent Paris et sa famille revient vers Servel, son père étant mobilisé comme lieutenant dans l’intendance. Il devint alors professeur au petit séminaire Saint-Joseph de Lannion, responsable d’une classe de 3e classique, surveillant aussi la scolarité en 6e de son frère cadet dans le même établissement. A cette époque – et même bien avant – sa vocation religieuse est affirmée. Il a toujours déclaré que l’exemple d’une mère très pieuse en était l’origine.
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"Importance
de deux saints dans ma vie : sainte Thérèse de l’
Enfant-Jésus et sainte Catherine de Sienne.
Alors que depuis plusieurs mois, je n’arrivais pas à parler à mes parents de ma vocation, c’est le jour de sainte Catherine de Sienne que maman m’a dit : « Alors, Marcel, je crois que tu veux toujours devenir prêtre… » Sainte Catherine de Sienne et son amour pour l’Eglise. C’est déjà, mais je ne m’en doutais pas alors l’amorce de ma vocation. " |
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Octobre 1940 aurait dû être la date de son entrée dans l’ordre de Saint Dominique. Les évènements en décidèrent autrement, deux surtout : un accident de la hanche survenu à son frère cadet Louis en mai 1940 - il dû être plâtré neuf mois, allongé dans son lit – le fit se dévouer comme professeur de son frère ; de plus son père insistait pour qu’il terminât sa licence de lettres classiques. En juin 1941, il passa avec succès son dernier certificat de licence, celui de grammaire et de philologie. C’est octobre 1941 qui marqua son entrée dans l’ordre des Dominicains, rue de la Glacière. Malgré la joie de sa nouvelle vie, toute consacré à Dieu, tout n’est pas toujours gai dans ces années de restrictions et de contrainte de l’occupation allemande le S.T.O. en particulier.
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"Dans
les derniers mois de mon noviciat surtout, soif des âmes, soif
dévorantes. Je sens que cette soif ardente du salut des âmes
jaillit du plus profond de cette vie contemplative que Dieu approfondit
sans cesse en moi.
La guerre, grâce à Dieu, m’a fait prendre conscience aiguë du pur idéal de catholicité. Noviciat simple : bombardement de Renault…Joie du bombardement. Deuxième bombardement : je commence à souffrir du bombardement. Non, j’aime trop mes frères. Nous n’avons pas le droit d’employer de pareils moyens. La nouvelle de tous les bombardements me fait terriblement souffrir. Mon Dieu, vous m’avez donné ainsi d’aimer tous mes frères. De plus en plus, j’aime les Allemands, je préférais dire mes frères d’Allemagne, j’aime les Russes, les Anglais… " |
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Puis après la licence en théologie, ce sont à partir de 1946, les ordres mineurs, majeurs, la prêtrise en juillet 1947, avec une messe solennelle à Sainte Marie des Batignolles, l’église de son adolescence, à Servel, sa paroisse natale où il fit plusieurs beaux sermons en breton, sa langue maternelle : « Quelle joie,écrit-il le 21 août 1947, j’ai eu à retrouver Servel et tout son petit monde, à vous retrouver tous et à me retrouver prêtre au milieu de vous ! Je n’ai qu’un désir comme je l’ai dit le jour de ma première grande messe : être au milieu de vous un homme qui vous aide à comprendre combien l’amour de Dieu est grand ».
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"Etre comme un frère auprès de son frère : ne pas faire semblant de faire le chemin. Nous avons le chemin à faire ensemble, tous les deux, dans la lumière de Dieu. J’ai à faire le chemin avec mon frère, pour mon frère. J’aime mon frère et je veux faire avec lui tout le chemin, sans être pressé, simplement pour le faire avec lui, pour lui….parce que je l’aime. Total
désintéressement, total amour.
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