Ma vie : chemin de sainteté ?!

Nous devons entendre les paroles de Jésus résonner gravement dans nos cœurs.
Il y a une impossibilité de coexistence - et cela il faut l'avoir toujours dans notre cœur -
entre la sainteté de Dieu et notre péché.

Si nous nous complaisons dans notre péché ou si nous ne voulons pas le voir, il ne faut pas nous plaindre de ne pas pouvoir prier et de ne pas « nous sentir » avec Dieu. Le péché est inscrit dans notre être, mais Jésus l'a porté sur lui pour nous.
Nous communions à la sainteté divine à chaque retour à Dieu.

Si nous ne nous convertissons pas, nous regardons Jésus mais avec des yeux morts ! Pour regarder avec des yeux vivants le Seigneur, il faut se détourner de notre péché. La sainteté du Seigneur révèle le désastre qui affecte l'homme qui refuse Dieu. Combien est-ce difficile quelquefois de s'ouvrir au Seigneur dans ce monde de péché qui nous colle à la peau !

Saint Benoît avertit bien son moine « ne rien préférer à l'amour du Christ ». Ouvrons-nous à l'action du Saint-Esprit qui nous rectifie, nous montre la route. Notre être vrai, c'est l'être nouveau que le Seigneur recrée dans sa mort et sa résurrection. L'être ancien a disparu ! Nous sommes tous blessés par la vie plus ou moins gravement mais si nous correspondons à la grâce de Dieu, celle-ci nous enveloppe. Elle nous guérit et nous fait adhérer au mystère le plus profond de l'être. Il faut savoir qu'il y a une impossibilité de vouloir Dieu et de s'enfermer sur soi: c'est une incohérence ! Le fait de s'enfermer sur soi est incompatible avec le désir qui existe en nous de s'ouvrir à Dieu.

Disons-le net : il faut abandonner l'un ou l'autre. Si nous ne sommes pas résolus à faire sauter toutes les fermetures, nous ne pourrons jamais dire en vérité que nous sommes ouverts à l'amour de Dieu. Cela ne veut pas dire qu'une faiblesse ne peut pas nous reprendre, mais il faut savoir que nous prenons un mauvais chemin.

 

« Vois, je te propose aujourd'hui vie et bonheur, mort et malheur.
Si tu écoutes les commandements de Yahvé ton Dieu que je te prescris aujourd'hui, et que tu aimes Yahvé ton Dieu, que tu marches dans ses voies, que tu gardes ses commandements, ses lois et ses coutumes, tu vivras et tu te multiplieras, Yahvé ton Dieu te bénira dans le pays où tu entres pour en prendre possession.

Mais si ton cœur se détourne, si tu n'écoutes point et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir, je vous déclare aujourd'hui que vous périrez certainement que vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre où vous pénétrez pour en prendre possession en passant le Jourdain.

Je prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre: je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t'attachant à lui ; car là est ta vie, ainsi que la longue durée de ton séjour sur la terre que Yahvé a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner » (Dt 30, 15-20).

 

La sainteté en Jésus-Christ révèle le tragique de la condition humaine, parce que lui seul a pu affronter ce mal terrible qu'est le refus de Dieu.

Dans le discours ecclésiastique, Jésus va plus loin, il décrit le scandale et il en annonce le résultat :

« Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. Malheur au monde à cause des scandales ! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive!

Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi d'entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi : mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu.

Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18, 5-10).

Aujourd'hui, nous serions tentés d'ajouter d'autres occasions de chute : mémoire, imagination, sensibilité, etc.

Le texte est clair, l'existence de l'enfer existe. Quand nous parlons de la sainteté de Dieu, il faut oser dire qu'il y a l'envers ! La révélation de l'enfer dont Jésus nous livre l'existence n'est pas une invention, c'est la parole même du Christ qui nous la livre: c'est la conséquence de la sainteté de Dieu.

À l'heure actuelle nous avons tendance à gommer plus ou moins ces valeurs des fins dernières, que ce soit le lieu de la purification, le purgatoire, ou même l'enfer. C'est parce que nous n'affirmons pas avec assez de force que nous adorons un Dieu qui est Saint, un Dieu qui est transcendant et en même temps tout proche !

L'enfer n'est pas un épouvantail, non, c'est un avertissement du Seigneur pour nous révéler cette incompatibilité absolue : « Dieu aime absolument » et « l'incompatibilité absolue entre Dieu et le péché ». Cela veut dire qu'il y a pour chacun de nous une nécessité absolue du choix de notre destinée

Dieu, en Jésus-Christ, s'est révélé avec toute sa sainteté et Dieu aime chacun d'entre nous. Le propre de l'amour est de donner sa liberté. Donc la liberté implique un choix. Ne disons pas : ce sera pour plus tard ! Non, c'est aujourd'hui qu'il faut choisir, demain, ce sera trop tard.

Au moment de l'agonie du Christ, la sainteté de Dieu se révèle dans une détresse extraordinaire, une détresse, mais en même temps aussi une espérance extraordinaire. Souvenons-nous du cri de Jésus sur la croix à son Père pour obtenir le pardon pour nous tous
« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23, 33).
Il ne pardonne pas sans purifier.
Ne devons-nous pas nous offrir tels que nous sommes, avec nos faiblesses,avec nos tentations et non pas comme nous voudrions être ! Nous devons nous laisser pardonner par Dieu d'autant que sa sainteté transcendante est une transcendance purificatrice. Nous voyons combien tout l'Ancien Testament s'accomplit d'une façon solennelle et majestueuse dans le Christ. Le charbon purifie les lèvres d'Isaïe, à plus forte raison le Corps et le Sang du Christ purifient-ils notre cœur.

Pour participer à sa gloire, Dieu ne peut pas faire autre chose que de nous demander une purification dès cette terre qui affinera tout notre être pour mieux correspondre à sa volonté. Cette purification est délivrance pour que Dieu soit tout en nous. Car Dieu n'a pas pour nous un amour de complaisance humaine, au sens humain du terme : Dieu prend tout au sérieux en nous! Si Jésus-Christ a donné sa propre vie, c'est bien pour qu'il puisse faire preuve d'une intransigeance d'amour à notre égard. Ce n'est pas une intransigeance au sens moralisant du terme : c'est qu'il nous veut saints dans sa gloire avec, bien sûr, notre assentiment. Notre vie en Église est belle parce que c'est un avant-goût de la communion dans le ciel. Notre vie est remplie de faiblesses, mais nous devons les prendre comme des leviers. Ainsi ont vécu sur terre nos amis les saints et ici, nous pensons à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus de la Sainte Face qui nous a livré de nombreux secrets à ce sujet...

 

 

 

 

 

 

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