Année C


Dimanche de la Sainte Trinité

 

 

Nous célébrons aujourd’hui le dimanche de la Sainte Trinité, c'est-à-dire la fête du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ces trois personnes divines ne se réservent rien pour elles mais sont données l’une à l’autre dans l’amour, ne vivent que d’amour et ne sont qu’amour pour nous. Le mystère étonnant de notre religion est ce mystère de la Trinité. Il est le mystère le plus profond qui soit, le plus indicible qui soit et en même temps le plus proche car si nous vivons du Seigneur, c’est grâce au Saint-Esprit. Nous sommes branchés sur la Trinité. Nous sommes pris dans ce mystère.

Croyez-vous que vous vivez de l’amour de la Trinité ? Croyez-vous vraiment que l’amour de la Trinité est l’essentiel de votre vie, ce qu’il y a de plus profond, de plus donné, de plus libre, de plus gratuit, de plus étonnant, de plus mystérieux ?

Croyez-vous que lors de votre baptême vous avez été plongés dans l’amour et que l’amour de Dieu vous a pris, vous a saisis et depuis vous a transformés et transfigurés ? Pensez-vous souvent à votre baptême, à ce que vous êtes et à votre devenir dans le Seigneur ? Vous réjouissiez-vous de ce que Dieu est Dieu, de ce que Dieu est vraiment cet ineffable plein de charité, plein d’amour ? Acceptez-vous la volonté de Dieu sur vous, acceptez-vous ce qu’il attend de vous ? Etes-vous prêts à raviver en vous la plénitude de l’amour que le Seigneur veut pour vous ?

Si le Seigneur nous a donné l’Esprit, c’est pour que nous puissions dire : « Abba ! Père », c’est pour qu’il y ait en nous cette communion intense, invraisemblable qu’il y a entre le Père et le Fils. La fin de tous les dons de Dieu, c’est que nous soyons uni entre nous d’une unité semblable à celle du Père et du Fils. C’est là qu’est la source, c’est là que nous sommes emportés pour vivre notre vie. Il faut demander au Seigneur d’entrer dans ce mystère permanent puisque le Seigneur est avec nous jusqu’à la fin du monde comme il nous l’a promis. Soyons tous docile à cet amour, acceptons d’être malaxés par cet amour. Je ne dis pas que cela soit chose facile. Le monde ne nous a jamais appris à aimer dans l’histoire, mais c’est ce que le Seigneur veut : il veut que nous apprenions à aimer du plus profond de notre cœur, à aimer comme lui, Jésus, nous a aimés, de la même manière, avec le même amour, avec la même vérité, avec la même transparence. « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps ».

Le deutéronome nous dit : « Est-il un Dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d’une autre, à travers des épreuves… comme tu as vu le Seigneur ton Dieu, le faire ici pour toi en Egypte ? ». Si vous êtes là, c’est que vous voulez être les disciples du Seigneur, ce qu’il faut désirer c’est être disciples jusqu’au bout. Ce n’est pas facile car le Seigneur prend tout, le Seigneur demande tout. Le Seigneur nous demande ce qui nous est le plus cher, ce qui est au plus profond de nous-mêmes. Il veut tout dans l’amour. Aimer est le mot qui résume toute la Trinité. Nous avons à découvrir ce qu’est véritablement aimer. Cela suppose que nous nous oublions, que nous nous désapproprions de nous-mêmes, que nous fassions passer les intérêts des autres avant notre propre intérêts, que nous nous laissions prendre par cet amour qui n’est que don. Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. Alors laissons-nous prendre jusqu’au bout de notre être, jusqu’au bout de l’amour.

Enfin s’il restait quelque chose à demander au Seigneur, c’est qu’il entre pour de bon en nous, qu’il fasse de nous des êtres nouveaux qui se réjouissent de ce que Dieu est Dieu ; qu’il fasse que nous soyons pris dans la réalité de l’amour de Dieu. Acceptons-nous d’être pris par le Seigneur à quelque prix que ce soit ? Acceptons-nous cette mise en cause du Seigneur, du choix qu’il a fait pour nous en nous engageant dans le baptême ? Le ratifions-nous chaque jour et à chaque instant ? Vivons-nous de la réalité invraisemblable qui est l’amour du Père et du Fils, qui nous appelle à aimer et à garder tous les commandements du Seigneur ?

Le Seigneur nous demande de nous aimer les uns les autres. Demandons au Seigneur d’être en cela de vrais disciples. Nous avons à manifester au monde cet amour fraternel, nous avons à le présenter au monde, nous avons à en vivre. Dans certaines occasions, le Seigneur nous le demande de façon explicite. Rappelons-nous la collecte de Paul à Jérusalem. Je suis un peu dans ce cas là : aujourd’hui pour ces sœurs  dont la congrégation se développe, je vous demande au nom du Seigneur de donner ce que vous pouvez du fond du cœur. Donnez humblement, simplement, pauvrement peut-être mais donnez.  Certes le geste matériel est important mais ce qu’il est plus encore c’est ce qu’il traduira en votre cœur de joie et de paix. Que vous soyez des êtres d’amour qui manifeste l’épiphanie du Seigneur, la splendeur de l’amour de Dieu ! Donnez parce que le Seigneur est don. Il vous donnera infiniment au-delà de ce que vous donnerez et votre récompense sera grande dans les cieux.

Demandons ensemble que les hommes manifestent qu’ils s’aiment et demandons que toutes les nations soient disciples du Seigneur. Mais il faut que cela se passe dans nos cœurs. Que cette Eucharistie soit une manifestation de notre amour, de notre présence et de tout ce qu’il y a de plus profond dans nos cœurs. Le Seigneur est le Seigneur. Il est capable de faire des merveilles, il en fera dans vos cœurs et vous serez étonnés de ce qu’il est. Amen !

(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. Editions Parole et Silence )

 

 

 

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