1er novembre

Fête de tous les saints

Apocalypse 7, 2-4; 9-14 1 Jean 3, 1-12 Matthieu 5, 1-12

 

Je voudrais vous poser une question directe : êtes-vous heureux comme le Seigneur vous demande de l’être, heureux du bonheur de Dieu ? Est-ce que le mystère de Dieu est vraiment entré dans vos vies de telle manière que votre bonheur est vraiment la certitude que la vie a triomphé de la mort ? C’est la Vie qui a triomphé de la mort dans la mort du Christ, c’est la joie de Dieu qui a jailli quand la résurrection du Seigneur est apparue.

Croyez-vous à ce mystère, car c’est un mystère puisque c’est dans la foi que nous le tenons ? Croyez-vous vraiment que le Seigneur est là au cœur de vos vies, plus importants que toute les choses concrètes qui sont autour de vous, plus important aussi que les problèmes qui sont dans vos vies, plus importants que tout ce que vous faites de bien ou de mal, enveloppé par le mystère de miséricorde de Dieu ?

Croyez-vous à la plénitude de vie qui jaillit du cœur du Christ, qui jaillit du Christ ressuscité, qui jaillit de l’amour, qui jaillit de la paix, qui jaillit de la joie de Dieu ?

Est-ce que c’est la réalité qui enveloppe toutes vos souffrances et tous vos malheurs ? Car vous l’avez remarqué, le Seigneur ne dit pas simplement « heureux » mais « heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux », « heureux les doux … heureux ceux qui pleurent ». Quel paradoxe étonnant ! « Heureux » ! Je crois qu’on ne comprend rien à l’Evangile si, à la base il n’y a pas toute cette annonce de bonheur. Et je le dis tout clairement, je suis heureux parce que le Seigneur est le Seigneur, parce qu’il est ce qu’il est, qu’il peut tout, et qu’il m’aime. Oui, il nous aime chacun d’entre nous au plus profond de notre cœur et si je porte la mort au fond de mon être comme chacun de nous tous, je sais que la Vie a triomphé de la mort. C’est par ce triomphe que nous sommes devenus enfant de Dieu. C’est la grande affirmation de St Jean : « Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a aimés. Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes  » .

« Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes ».Agissons-nous vraiment comme des enfants de Dieu, non pas comme si nous étions des enfants de Dieu, avec cette vérité, cette plénitude, avec cette joie, avec cet amour propre à des enfants ? Je sais bien que tout va contre cela. Toutes les apparences sont contre l’Evangile. C’est pour cela que le Christ a été crucifié. Mais le Seigneur est le Seigneur  et Il nous aime, Il donne sa vie pour que puissions la partager !

Et puis il y a ce fait merveilleux : un jour, nous serons face à face avec le Seigneur. Et la Vie pénétrera en plénitude nos êtres, nos corps, tout nous-mêmes, tellement qu’au moment voulu par Dieu, nous serons avec Lui au festin des noces, ce festin qui n’aura pas de fin, qui est la joie de Dieu et qui sera notre joie.

Lorsque la Vie paraîtra nous serons semblables au Seigneur parce que nous le verrons tel qu’il est. Nous verrons le Christ tel qu’il est, nous verrons Dieu tel qu’Il est et nous serons transfigurés dans sa lumière, transfigurés jusque dans nos corps, jusque dans notre chair, jusqu’au moindres molécules de notre être. Nous serons, nous le savons, semblables au Christ car nous le verrons tel qu’il est. Quelle merveille ! Est-ce que votre cœur chante devant cette perspective que nous avons tous les uns et les autres ? Ce qui est à l’un est à l’autre : nous avons tout en commun, je dis bien tout. Tout le mystère de Dieu nous est commun et toutes les grâces que nous recevons sont communautaires. Elles sont ecclésiales : elle sont à tous, elles sont données pour tous.

Alors, avez-vous cette espérance invincible que le Seigneur peut pénétrer toujours plus profond dans notre être ? Faites-vous de votre vie une aventure avec le Seigneur ? N’est ce pas trop souvent une aventure avec tout ce qui vous empêche de rencontrer le Seigneur ? Vous savez dans l’Evangile, il y a : « excuse-moi, je viens d’acheter une paire de bœufs, il faut que je l’essaie », « je viens de me marier, attends ». Or le Seigneur nous demande de venir et c’est cela la vérité de l’Evangile. Le Seigneur nous demande de le reconnaître et de ne pas nous excuser, de ne pas avoir de bonnes excuses pour ne pas le rencontrer.

Nous avons besoin de silence dans ce monde si tourmenté, si cassé, si brisé. Nous avons besoin du Seigneur et c’est lui qu’Il nous faut rencontrer.

Aimer Dieu. Je voudrais que vous découvriez  ce qu’est l’Amour de Dieu, ce qui est cet amour infini sur chacune de nos vies, cet amour qui nous appelés à l’existence. Nous sommes jaillis de l’amour et nous retournons à l’amour. Nous sommes jaillis tout neufs dans le regard de Dieu et nous retournons tout neufs dans le regard de Dieu, tout nouveaux parce que fondés dans la purification que le Christ nous apporte, parce que si nous croyons qu’Il vient, nous sommes purs comme il est pur, nous dit St Jean.

Réjouissez-vous ! Soyez dans l’allégresse du bonheur des béatitudes ! Le Seigneur ne mâche pas ses mots ! Il n’a jamais biaisé devant la réalité de cette vie, de sa mort vers laquelle il monte. Le Seigneur a toujours dit la vérité et il l’a dite brutalement : « Celui qui ne prend pas sa croix ne peut me suivre ». Mais cette croix est lumineuse, il faut la découvrir ensemble et nous serons comblés de l’amour de Dieu, comblés de cet amour qui est là, comblés de cette certitude que nous verrons Dieu ensemble avec tous les hommes. La vie éternelle, c’est cette présence de  Dieu au milieu de nous, cette présence qui revigore tout, renouvelle tout, transforme tout. L’assemblée chrétienne est une assemblée qui proclame cette joie, qui la proclame parce que c’est vrai !

Je voudrais vous dire que la joie est possible, que la joie au milieu de la souffrance et de la misère est possible, que la joie peut éclater comme éclate un coup de tonnerre et qu’elle peut tout transformer, qu’elle peut tout délivrer et qu’elle peut livrer le mystère de Dieu, son mystère ineffable, son mystère qui est au-delà de tout et qui est le mystère d’amour.

Je voudrais que vos entrailles chantent un chant de joie. Aimez le Seigneur, je vous en supplie : aimez le du fond de votre cœur et que ça jaillisse et que ça  crie et que ça chante et que vous portiez le malheur des hommes dans la joie. Voilà le mystère de l’Evangile : ne pas s’abstraire du mal mais le porter dans la joie de Dieu qui est capable de dépasser tout cela, qui est capable de nous envelopper de la toute puissance de l’infini de l’Amour.

Soyez doux, pauvres, humbles, vous verrez Dieu ! J’ai envie de vous glisser à l’oreille cette bonne nouvelle pour qu’elle envahisse votre vie : nous verrons Dieu ! Qu’ au plus profond de votre cœur murmure quelque chose qui vous appelle vers Dieu : « Je sens en moi dit St Ignace d’Antioche, une eau qui me dit : viens vers le Père ! ». Aujourd’hui, nous chantons cette eau qui est l’Esprit Saint. Il est en nous et nous dit : « Viens vers le Père ». Nous serons heureux, heureux comme il n’est pas possible d’être heureux. Le Seigneur est le Seigneur et il nous aime. Aimez ! C’est le seul mot que je puisse vous dire. Aimez le Seigneur et tout vous sera  donné par surcroît. Amen !

(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )

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