1er novembre

Fête de Tous les Saints

Apocalypse 7, 2-14   1 Jean 3, 1-3 Matthieu 5, 1-12

 

En cette fête de laToussaint, nous chantons le triomphe de la vie sur la mort, le triomphe commencé en Jésus-Christ qui se poursuit dans notre vie. Nous sommes des êtres faits uniquement pour la résurrection. Nous sommes des êtres fait pour la béatitude, pour le bonheur éternel. Ce que l’Eglise clame aujourd’hui, c’est cette espérance étonnante de connaître le Seigneur un jour face à face et de le voir tel qu’il est. Nous sommes des êtres extraordinaires ou mieux, impensables. Nous pouvons nous jeter dans le cœur de Dieu et y rester pour l’éternité : en disant cela nous pensons à tous les saints.

Les saints sont des hommes comme nous qui sont passés par les mêmes tribulations que nous. Ils nous appellent de tout leur cœur à faire de même qu’eux, ils nous appellent à faire comme eux pour entrer dans ce mystère d’espérance de salut.

Croyez-vous à la résurrection de la chair ? Croyez-vous à la vie éternelle ? C’est une vie qui doit vous prendre au plus profond de votre cœur pour le transformer pour le rendre semblable à celui du Fils unique. Nous chantons aujourd’hui la puissance de l’amour, la force de l’amour, son invincibilité. Il faut se livrer au Seigneur ; c’est lui qui nous donne tout c'est-à-dire tout ce qu’il est. Il est le mystère du Fils dans le Père, et du Père dans le Fils, il est paix, joie, gloire, lumière. Vous avez lu saint Paul, vous avez lu saint Pierre. Il faut les connaître comme des hommes qui sont vos contemporains plus que personne. Il faut découvrir qu’au cœur du mystère de Dieu, il y a des hommes qui ont fait le même chemin que vous, qui se sont donnés avec la même puissance, qui se sont donnés définitivement.

C’est ce que nous demandons, reconnaître le Fils de Dieu éternellement, aimer le Fils de Dieu éternellement. C’est cela la sainteté, et nous sommes tous appelés à la sainteté. Nous sommes tous appelés à ressembler au Fils de Dieu, à lui être semblables. Ce n’est ni un jeu de mots, ni une parole en l’air. « Voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés ; il a voulu que nous soyons appelés enfant de Dieu et nous le sommes ». Nous le sommes parce que nous sommes à découvert devant Dieu. Son amour est là pénétrant nos vies, transformant nos vies.

Nous avons à rencontrer le Seigneur avec cette espérance à laquelle nous exhorte saint Jean : « Tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur ». Nous avons à rentrer dans cette vie dont le chemin douloureux est illuminée,  par la joie. L’Evangile ne biaise pas devant les persécutions, devant les souffrances, devant tout ce qui atteint le cœur de l’homme en plein cœur.

« Heureux ceux qui pleurent ». Qui oserait dire cela sinon le Seigneur ? Qui oserait dire cela si ce n’est celui qui est passé par la mort et la résurrection, celui qui est entré dans la vie éternelle pour nous tous ? Nous sommes des êtres extraordinaires parce que nous proclamons le bonheur dans ce monde de misère, dans ce monde d’atrocités, dans ce monde de souffrances. Le Seigneur est là pour nous dire que son amour triomphera de tout, que l’amour détruira tous les obstacles, que le Seigneur est le Seigneur et qu’il nous aime.

Nous avons tous à découvrir la splendeur de l’amour, cette splendeur qui transfigure tout, qui donne aux hommes d’être différents de ce qu’ils sont lorsqu’ils s’ouvrent au mystère du Seigneur. Découvrir Dieu ! Chanter Dieu ! C’est ce que nous ferons dans l’Eucharistie. La vérité fondamentale réside dans le fait que nous sommes des enfants de Dieu. Est-ce que nous nous comportons en enfants de Dieu ? Est-ce le regard du Christ posé sur nous à chaque instant qui commande notre vie ? Est-ce le regard du Christ qui nous transforme et nous transfigure ? Nous le savons « lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est ». Saint Jean nous dit aussi : « Tel il est lui, tels nous sommes, nous, dans le monde » (1Jn 4, 17).

Nous sommes comme le Christ en ambassade dans le monde pour lui. Nous sommes appelés à entrer dans le Royaume de Dieu, à le découvrir dans son intégrité, comme des êtres nouveaux qui regardent les choses comme s’ils ne les avaient jamais vues. Est-ce vraiment le regard du Christ sur le monde, sur votre être, ce regard qui plonge au plus profond de nous-mêmes qui est le plus important pour vous ?

Croyez-vous à la vie éternelle ? L’Eglise nous demande de confesser aujourd’hui cette vérité de foi, de confesser que le Seigneur est le Seigneur et qu’il vous aime personnellement. Il vous aime comme jamais vous ne pourrez être aimés. Nous n’avons qu’à répondre à l’amour. Nous sommes appelés à nous rencontrer fac à face avec le Christ. Pensez-vous quelques fois à ces visages que nous retrouverons dans la vie éternelle ? Pensez-vous quelques fois à ces visages qui sont déjà partis et qui, cependant, demeure ? Demandons qu Seigneur de le découvrir dans la joie, de découvrir que nous avons à aimer avec cette puissance qui nous livrera à cette transformation totale de notre être.  Nous serons heureux de pouvoir nous regarder les yeux dans les yeux et nous pourrons regarder le Seigneur les yeux dans les yeux de l’amour. Il n’y a que l’amour qui compte.

En cette fête de la Toussaint, fête de tous les vivants dans l’Eglise (nous fêterons nos défunts demain parce qu’ils font partis aussi de cette Eglise en marche), je voudrais que vous reteniez surtout que nous verrons le Seigneur tel qu’il est, nous le verrons avec cette plénitude d’espérance et de joie, avec cette pureté que lui seul peut créer en nous. Nous demanderons au Seigneur de rentrer dans cette plénitude. Il n’est que pour cela. Il ne vient que pour cela.  Notre chant tout à l’heure sera un chant d’action de grâce au Seigneur qui nous a aimé jusqu’au bout. Nous n’avons pas d’autre chose à faire que de fonder notre vie sur le Christ et de l’aimer. Alors, tout vous sera donné.  Tout est donné dans l’Evangile. Faire la volonté de Dieu amène à tout recevoir du Seigneur. Demandons au Seigneur de rentrer dans cette miséricorde qui est la sienne, de nous laisser porter et nous serons heureux, heureux du bonheur des cieux. Dans les béatitudes, le Christ chante, c’est une hymne qui chante l’amour de Dieu. Que notre cœur chante de la même façon l’amour de Dieu, même si on nous insulte ou si on nous persécute : nous nous réjouirons dans l’allégresse éternelle.

Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse. Nous porterons tous ceux qui souffrent, tous ceux qui sont démunis, malades et nous serons des enfants de Dieu heureux d’imiter leur Père avec tout l’amour dont le Seigneur les rend capables. Amen !

(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta parole.Homélie, année B. Parole et Silence )

 

 

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