C’est la reprise intégrale
de la création
mais cette fois-ci
dans sa forme définitive,
dans le mystère de la relation
avec le Père et avec l’Esprit.

Ce mystère introduit
dans un monde tout nouveau,
le monde de Dieu.

Nous ne sommes plus du monde,
nous sommes avec le Seigneur.

 

 

Année C

Le dimanche de la Pentecôte

Actes des Apôtres 2, 1-11 1 Co 12, 3-13 Jean 20, 19-23

 

Les textes de la Parole de Dieu que l’Eglise nous invite à méditer aujourd’hui nous mettent dans la naissance d’un peuple qui vit en communion avec le Seigneur et avec ses frères. Nous sommes devant une naissance, la naissance de l’Eglise, d’un monde nouveau sur lequel repose l’Esprit. L’Evangile de Jean insiste sur le fait que le Christ souffle sur ses disciples : « Il répandit sur eux son souffle et il leur dit : recevez l’Esprit Saint ». C’est la reprise intégrale de la création mais cette fois-ci dans sa forme définitive, dans le mystère de la relation avec le Père et avec l’Esprit. Ce mystère introduit dans un monde tout nouveau, le monde de Dieu. Nous ne sommes plus du monde, nous sommes avec le Seigneur.

C’est un monde qui naît, c’est un monde qui est appelé à la Parole car le texte des Actes des Apôtres est très significatif à ce sujet. C’est la Parole qui naît dans l’Eglise, la parole suscitée par le Seigneur pour se répandre à travers le monde, pour faire parler les peuples, pour nous faire parler et nous ouvrir au mystère de Dieu. « Ils furent tous remplis de l’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit ».

Le mystère de la Pentecôte, c’est le mystère de présence de l’Esprit qui vient se répandre en chacun de nous et qui fait de nous des êtres engagés dans le mystère de l’Esprit  pour rendre témoignage au mystère de Dieu : « Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux ».

La Pentecôte est d’abord un mystère d’intériorité de la présence de Dieu en nous. Puis avec l’Esprit Saint agissant, c’est le monde entier qui est appelé à rentrer dans cette perspective de dialogue définitif, de dialogue qui s’installe entre les hommes qui viennent de partout : « Parthes, Mèdes et Elamites… tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu ». L’Eglise est un peuple qui proclame les merveilles de Dieu : c’est le mystère de l’Eglise naissant à la croix puis à la Pentecôte. Les merveilles de Dieu sont pénétrées dans nos vies et nous sommes désormais capables d’en parler devant tout le monde.

Nous sommes pris dans ce mystère d’intériorité, c’est comme le feu du buisson ardent qui brûle au plus profond de certains d’entre nous et qui, d’autre part se répand et ne cesse de se répandre pour faire de nous un seul peuple. Nous sommes un peuple catholique c'est-à-dire universel. Un peuple rassemblé par le Fils qui donne son Esprit, par ce Fils glorifié et dont le corps est tout rempli de l’Esprit qui nous communique sa propre vie. Je ne sais si vous pensez souvent à ce mystère de l’Esprit qui est au cœur de nos vies, qui les transfigure et fait  que nos vies prennent sens. Ce mystère d’intériorité qui habite en nous chante également les merveilles de Dieu.

Un peuple qui naît pour parler, un peuple qui naît pour vivre la communion fraternelle, voilà ce que nous explique Saint Paul : « Sans le Saint Esprit, personne n’est capable de dire que « Jésus est le Seigneur  ». Les dons de la grâce sont variés mais c’est toujours le même Esprit. Les fonctions dans l’Eglise sont variées mais c’est toujours le même Seigneur. Les activités sont variées mais c’est toujours le même Dieu qui agit en tous. Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien commun ».

Nous devons nous réjouir du don des autres que nous n’avons pas parce que nous sommes fait pour instruire les uns les autres, pour nous former les uns les autres : « Notre corps forme un tout… Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps. Tous, par l’unique Esprit, nous avons été désaltérés ». Cette harmonie fraternelle, ces réalités fondamentales se rejoignent au plus profond de notre être et font que nous sommes des êtres nouveaux de la nouveauté éternelle de Dieu.

Peut-être me direz-vous : peut-on croire à l’Esprit Saint qui pénètre en chacun d’entre nous ? S’il n’ y avait pas l’Esprit Saint, il n’ y aurait pas l’Eglise et nous ne serions jamais des frères. C’est le témoignage de l’Eglise, le témoignage d’abord des apôtres mais encore avant, de la Pentecôte. C’est de là que jaillit notre foi, c’est de cet Esprit que jaillit notre nom et c’est de cela que nous vivons.

Il faut prier l’Esprit Saint pour que cette communion soit entre nous tous et se développe malgré toutes les difficultés et tout ce qui se présente contre elle. Il faut chanter le mystère de l’Esprit Saint avec générosité, avec ampleur, pour que nos cœurs soient brûlés d’amour. C’est le même amour qui est dans le Christ et dans nos cœurs : « Je suis venu sur la terre pour allumer un feu, comme je voudrais qu’il fût déjà allumé ». Il a commencé à se répandre, il continue de se répandre. Nous en sommes les agents. Laissons-nous brûler, que le Seigneur témoigne à travers nos vies ce qu’il fait. Ce qu’il accomplit, il le fait merveilleusement dans la lumière et la splendeur de son Père.

Que le Seigneur nous donne de recevoir l’Esprit, de le recevoir sans mesure, comme le Christ l’a reçu sans mesure, en étant avec lui, dans la transparence de la Trinité. Amen !

(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )

 

 

 

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