Dimanche 27 mai 2012

Dimanche de la Pentecôte

Actes des apôtres 2, 1-11 1 Corinthiens 12, 3-13 Jean 20, 19-23

 

Nous venons de participer en ce début de l’Eucharistie à une cérémonie d’une simplicité et d’une profondeur incomparables. Sœur X… a reçu le voile et l’habit qui l’ont fait entrer dans la communauté. C’est un acte extraordinaire puisque que c’est un acte de Dieu. Elle a répondu à un appel du Seigneur et elle a dit oui du fond de son cœur à cet appel qui l’a transpercé. Le mystère de la splendeur de Dieu est là dans une réponse à un amour. Ce n’est rien d’autre et c’est tout. C’est l’amour même de Dieu qui appelle et qui transforme, qui transfigure. Cette jeune sœur a été appelée par le Seigneur, elle l’a aimé et a répondu du fond de son cœur. Quel mystère ! C’est une réponse semblable à celle du Christ : « Je viens, Ô Père faire ta volonté » (Ps 40). Je viens me donner à toi de tout mon être. Une entrée en vie religieuse est ce mystère de présence à Dieu, de présence ineffable, de présence incomparable, de présence qui est tout et qui nous prend au plus profond de nous-mêmes.

Il y a là, un mystère d’amour, de communication entre les êtres et nous sommes là au plus profond de la vie de l’Eglise. L’Eglise est cette communion au mystère du Christ, cette communion au mystère de l’amour. L’Eglise n’est que cela. L’Eglise dans son fond est présence à Dieu, présence invraisemblable. Nous pouvons nous demander si nous sommes vraiment fidèles au Seigneur car l’acte que vient de poser Sœur X… nous concerne tous. Cet acte nous fait poser la question pour savoir si l’Esprit-Saint existe pour nous, si nous sommes fidèles et si l’Esprit est vraiment le cœur de notre vie.

Sommes-nous fidèle à cet être mystérieux que certains ne connaissent pas ou dont il pensent ne pas avoir entendu parler et qui est cependant le cœur de la vie chrétienne ? Vivre de l’Esprit. Se laisser prendre par l’Esprit. Puisqu’il s’agit d’une histoire d’amour, le Seigneur nous demande de nous laisser ouvrir le cœur pour que nous puissions lui répondre. Il n’est là que pour lui répondre. Le Seigneur est à la poursuite de sa créature pour lui demander son amour, pour mendier son amour, pour quêter son amour parce qu’il est le Seigneur des Seigneurs, parce qu’il veut notre bonheur, parce qu’il veut notre splendeur en Dieu. Il y a quelque chose d’invraisemblable dans cette recherche de Dieu sur nous : Dieu nous cherche, Dieu nous demande tout, Dieu nous appelle à lui. La réponse de Sœur X… n’est pas seulement pour elle, elle est pour nous tous parce que nous sommes engagés dans le même mystère. Nous sommes complémentaires les uns des autres. Nous sommes frères, frères et sœurs, pris dans le même amour. Nous avons à demander au Seigneur, la joie, le bonheur, la vérité. C’est une chose que nous commençons à ne plus connaître avec ces guerres, ces souffrances, ces atrocités, avec ce monde à la dérive. Mais derrière tout cela, il y a quelqu’un, quelqu’un qu’il nous faut connaître davantage, c’est le Seigneur, le Saint-Esprit. Il faut demander au Seigneur d’entrer dans son mystère, de le découvrir comme on découvre un être nouveau, tout nouveau, un être incomparable parce que ce n’est pas seulement l’amour d’un homme mais de Dieu lui-même dans sa communication d’amour. Nous sommes pris dans ce mouvement d’amour qu’il y a entre le Père et le Fils. Nous sommes pris dans la plénitude de l’amour.

Le mesurons-nous ? Notre présence à l’eucharistie signifie t-elle une entrée dans le mystère de Dieu qui nous dépasse infiniment et qui est au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer ? Dieu est infiniment bon. Dieu est la joie infinie. Dieu est l’amour infini. Dieu est la vérité infinie. Il faut que nous la découvrions et qu’elle fasse éclater en nous cette paix et cette joie. Il faut découvrir le Seigneur comme le Seigneur seul peut le faire. La paix soit avec vous. Le Seigneur n’a rien d’autre à dire. Il veut notre bonheur, la plénitude de notre bonheur, la plénitude de notre joie. Dieu est un être au plus profond de nous-même, pour que la joie éclate, pour que l’amour éclate, pour que la vérité éclate.

Alors, nous avons à nous laisser faire, à ouvrir notre cœur. Certes, ce n’est pas chose facile, les chemins du Seigneur sont quelques fois déconcertants et déroutants. Mais si nous avons confiance, ils sont merveilleux. Le Seigneur est le merveilleux, le Merveilleux de son Père, le Merveilleux qui nous donne la splendeur d’amour qu’il y a entre le Père et le Fils. Nous sommes conviés à la joie, à la paix. « La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. »

Nous sommes tous envoyés dans le monde. Nous sommes comptables devant le monde de notre paix et de notre joie. Nous avons à le manifester. Nous avons à en témoigner. Nous sommes des témoins, nous devons être  des fidèles. Nous sommes sans doute des pauvres témoins mais le Seigneur manifeste à travers les pauvres que nous sommes sa splendeur et ce qu’il est ; il est celui qui aime. Le Seigneur est plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes : il nous aime et il nous appelle à marcher à pas d’amour dans la foi. Ce n’est pas une formule sans signification, c’est notre vie en marche, en marche de plus en plus en profonde vers celui qui nous ouvre le chemin.

Il nous dit : « Suis-moi ». Sœur X… a entendu ce suis-moi et nous l’avons entendu également car nous avons tout en commun. Il y a une multiplicité des vocations. La question est de répondre à chacune de ces vocations c'est-à-dire celle que le Seigneur veut pour chacun d’entre nous. Nous avons besoin d’amour pour nous laisser prendre par ce dessein de Dieu qui est sur nous. Si Dieu mendie l’amour, je dirais que notre cœur mendie encore plus notre amour et nous appelle à entrer en lui. Dieu est-il pour vous l’Être le plus extraordinaire qui soit ? Est-il vraiment votre vie, votre force, votre lumière, votre paix ? Est-il votre tout ? Est-il le engagé au plus secret de vous-même ? Ménagez-lui la place qu’il réclame de vous, qu’il vous demande par sa Passion et sa Résurrection, qu’il vous demande dans le Saint-Esprit ! Le geste que vient de faire Sœur X… est grand de la grandeur de l’amour et il est humble de l’humilité de notre terre : c’est la réalité vivante de notre Seigneur. Le Seigneur s’est incarné, lui le transcendant, lui l’au-delà de tout. Il est venu sur notre terre pour nous aimer, nous rencontrer dans les sacrements, nous rencontrer dans tous les évènements de notre vie, nous rencontrer pour que nous l’aimions et que nous chantions sa gloire.

Que cette eucharistie soit un chant d’amour au Seigneur ! Le Seigneur ne demande que cela. Il désire que nous soyons bénédiction, que la bénédiction éclate dans notre cœur, que nous répondions au Seigneur avec tranquillité, simplicité, amour et joie. La bénédiction ! Savez-vous bénir le Seigneur de ce qu’il a fait et de ce qu’il fait dans votre vie ? Oui, savons-nous bénir le Seigneur à travers la souffrance, à travers les difficultés, à travers tout. , y pensons-nous ? Demandons au Seigneur d’entrer dans cet amour humblement, pauvrement mais du plus profond de notre cœur. Le cœur de Dieu est plus grand que le nôtre. Il nous aime à l’infini. Laissez-vous aimer. Je n’ai pas d’autre conseil à vous donner aujourd’hui. Laissez-vous aimer et vous verrez que le Seigneur est plus étonnant que vous n ’imaginez. Demandons au Seigneur de guider notre vie et d’entrer dans chacune nos vies par la porte qu’il voudra, comme il le voudra. Amen !  

(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. Homélies, année B. Parole et Silence )

 

 

 

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