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15 août 2010
Assomption de la Vierge Marie Apocalypse 11, 19...12,10 1 Corinthiens 15, 20-26 Luc 1, 39-56
Nous croyons que le Fils de Dieu s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie et nous croyons que tout ce que Marie a fait est conforme à ce que veut le Seigneur. La correspondance incessante au plus profond de son être de femme à la volonté de Dieu sur elle constitue un mystère étonnant, celui de Marie. Correspondance absolument totale, correspondance inconditionnelle à ce que veut le Seigneur : toute la vie de Marie n’est que cette correspondance qui va jusqu’au mystère de Dieu et qui la fait entrer dans la gloire. Marie est ressuscitée ! Marie est ressuscitée comme son Fils, elle est auprès de lui. La première chose qui nous vient à l’esprit en posant cette affirmation est que le ciel existe. Le ciel existe parce que Marie et le Christ sont vivants, parce que désormais éternellement, il y a au cœur du mystère de Dieu, une femme, une femme glorifiée dans sa chair. Quel étonnement ! Mesurons-nous ce que nous affirmons en disant que Marie est glorifiée auprès de son Fils, glorifiée auprès du Père, glorifiée dans la joie, glorifiée pour toujours ? Marie est toute entière cachée dans le mystère de Dieu et elle est là pour nous faire passer tout entiers dans le mystère de Dieu ! Vous n’aimerez jamais trop Marie ! Je crois que beaucoup de modernes ne comprennent pas la place de Marie dans l’Eglise. Volontiers ils diraient que saint Paul n’en parle que pour dire que Jésus est né de la femme, que cela suffit bien au regard de l’Eglise qui lui donne trop de place. Mais je crois que c’est un contresens absolument complet sur l’évangile. Car, au cœur, au plus profond de l’évangile, il y a Marie. Il y a Marie parce que c’est elle qui a accepté que son Fils soit conçu en elle pour nous, pour la croix, pour la gloire. Tout a dépendu de son oui à l’appel du Père. « Qu’il me soit fait selon ta parole ». Tout s’oriente vers le moment que nous fêtons aujourd’hui où Marie est glorifiée auprès du Père, ressuscitée, glorifiée auprès du Père. En ce jour, l’Eglise exalte le Seigneur, comme Marie, et son esprit
exulte en Dieu son Sauveur. Nous sommes des êtres qui doivent découvrir
la place que Marie occupe dans nos vies. Oh, c’est une place à
la fois toute cachée et à la fois toute illuminée
de partout et transformant toutes choses en les transfigurant. C’est
une présence discrète, infiniment discrète, comme
dans l’évangile. On ne parle pas beaucoup de Marie et pourtant
elle est là, toute présente, toute donnée, toute
livrée, toute stabilisée au coeur du mystère de son
Fils. Elle est là dès le début de la prédication
de son Fils le miracle des noces de Cana auquel correspondra le mystère
des Marie annonce au monde que le Seigneur vient transformer les cœurs de pierre en cœur de chair, que les noces de Jésus avec l’humanité va commencer et que tout est déjà là, que tout est déjà donné. En Marie, il y a un mystère de douceur infinie que nous avons à proclamer. Marie est la douceur même, la douceur du Père, la douceur du Seigneur. La douceur n’est pas si facile dans le monde dans lequel nous vivons, monde d’agonie, monde de tortures, monde de mal et de souffrances. Le monde est envahi par la peur, le monde est envahi par la violence, mais Marie est là. Marie est celle qui est passée par l’agonie et la violence, qui a passée cette agonie jusqu’au bout, qui s’y est livrée. Mesurons-nous à quel point le Seigneur a livré son Fils à la violence ? Tout l’évangile est rempli de cette virulence, de ces attaques incessantes contre le Christ, et Marie les connaît. Elle est là debout au pied de la croix, dans la violence suprême, dans la violence dérisoire, placée dans la dérision même de son Fils. Elle est là, toute présente, et c’est dans cette présence que s’exprime le mystère de Dieu. Dieu nous appelle à comprendre la douceur. Si l’on nous accuse de faiblesse, comme l’a fait Nietzsche et tant de philosophes depuis, si l’on nous accuse de prôner les vertus de faiblesse, il faut que nous disions, du plus profond de notre cœur, que nous sommes pour les vertus de faiblesse, que nous sommes pour cette douceur infinie qui coule du cœur de Dieu, mais qui ne se réalise que par la croix. Nous devons être pris par cette douceur. La douceur de Marie, c’est la douceur de Dieu. C’est une épiphanie dans le monde de cette douceur infinie. C’est cette manifestation de cette douceur que seul le Seigneur donne, de cette douceur qui est la sienne et dans laquelle il nous enveloppe. Nous sommes des êtres extraordinaires si nous laissons faire ce que le Seigneur veut faire en nous. Nous croyons que dans ce monde de mal et de souffrances, la toute puissance de Dieu est victorieuse. Dieu est Dieu. Nous avons à porter dans notre cœur les souffrances de ce monde avec Marie. Et, si nous fêtons l’Assomption, c’est pour prendre sur nous toutes les misères du monde, c’est pour les prendre jusqu’au bout, pour les laisser nous transformer et faire que l’amour soit l’amour. Il y a l’amour dans le cœur de Dieu. Il est amour ! C’est ce que nous avons à comprendre. Nous n’avons pas d’autre chose à découvrir. Il faut que nous laissions l’amour de Dieu nous prendre, cet amour qui est infini, cet amour qui est - Oh ! Je ne sais pas comment vous le dire – celui qui peut descendre au plus profond de votre cœur et vous donner la richesse suprême qui est la richesse de la pauvreté. Marie est une pauvre ! Elle veut que nous soyons des êtres livrés à Dieu, livrés à la puissance de l’amour. Que nous soyons à sa suite, capable de comprendre l’amour qui s’exprime dans le Fils. Découvrir l’amour ! Je ne vous souhaite qu’une chose, c’est d’aimer à l’infini, d’aimer sans mesure, aimer comme le Seigneur peut donner d’aimer. Cela ne fait pas de bruit mais c’est pourtant la réalité du monde. Le monde est fondé sur l’amour du Père. C’est ce que nous avons à proclamer. Ce n’est pas ce qui apparaît mais c’est ce qui est le plus vrai. Au plus fort de la tempête, au plus fort des absurdités que nous connaissons, il y a l’amour infini de Dieu, l’amour qui passe tout, qui passe à travers toutes les faiblesses des hommes, à travers même tous les crimes des hommes et qui nous livre à Dieu. Marie a chanté son Magnificat dès le début de la vie de son Fils. Elle a chanté son amour. Nous aussi, au cours de l’Eucharistie, nous chanterons l’amour infini. Je vous le répète : il n’ y a pas d’autre réalité au monde sinon l’amour. En cette fête de l’Assomption, je voudrais vous appeler à entrer dans le secret du cœur du Père. Que votre vie soit cachée en Dieu, et que vous découvriez que l’amour est plus fort que tout et que le grand dragon rouge n’a aucune influence dans nos vies si nous nous livrons au Seigneur. Il faut nous souvenir du Seigneur à chaque instant de nos vies. Il faut penser au Seigneur et se livrer à lui, être des hommes pauvres livrés à Dieu, transparents à Dieu. Ensemble, si vous le voulez bien, nous demanderons au Seigneur, au cœur de l’Eucharistie d’entrer dans le mystère de la croix et de la résurrection, d’y entrer de toutes nos forces, ou plutôt celles de Dieu, et d’être les enfants du Père. Nous ferons alors comme Marie ; au plus profond de notre cœur l’allégresse de Dieu chantera. Dieu nous aime, Dieu est amour. Dieu est la tendresse même, il nous aime à l’infini. Il s’est livré pour nous. Amen ! (Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. Homélies, année B. Parole et Silence ) |
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