Année C

Septième dimanche de Pâques, année C

Actes des Apôtres 7, 55-60 Apocalypse 22, 12-20 Jean 17, 20-26

 

.L’Eglise, en cette préparation de la Pentecôte, nous met devant les yeux des images du Christ d’une splendeur et d’une grandeur étonnantes.

La première image, celle des Actes des Apôtres, relate le martyre d’Etienne. Il voit les cieux ouverts et le Fils debout à la droite de Dieu. C’est la réalité même du mystère qui est donnée, qui est livrée à Etienne. Etienne va mourir sur les coups des pierres, tellement uni à son Seigneur qu’il lui demande de ne pas compter ce péché du fait que ses ennemis le tuent : « Voici que je contemple les cieux ouverts ; le Fils de l’homme est debout à la droite de Dieu ». Dans la tradition primitive, les autels étaient élevés sur les lieux où certains martyres avaient donné leur vie. Ensuite on mit les reliques des martyres à l’intérieur de l’autel pour bien en garder le sens.

Entrer dans une église, c’est entrer dans un lieu où l’on contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite du Père. C’est pour cela que les absides romaines ont si souvent au centre la croix ou le Christ en gloire. C’est là qu’existe la communication entre les cieux et la terre. C’est là que tout est donné, c’est de là que tout part. Participer à l’Eucharistie, c’est entrer dans les cieux ouverts. L’autel où se célèbre l’Eucharistie nous met en contact avec Jésus Christ vivant. véritable Fils de l’homme assis à la droite du Père. Nous sommes entraînés dans cette contemplation, nous sommes pris dans ce mystère et lorsque nous prions devant un autel, nous voyons ce que contemplait Etienne pendant son martyre, le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu, intercédant pour le monde. Il est là, il est vivant, et nous vivons de sa vie.

La seconde image du Christ que nous avons, c’est l’image de l’Apocalypse, la vision de Jean qui entend : « Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements pour avoir droit aux fruits de l’arbre de vie et pouvoir franchir les portes de la cité. ». Nous avons à laver nos cœurs dans le sang de l’Agneau pour notre rencontre avec le Christ de laquelle jaillit un appel insistant : « L’Esprit et l’Epouse disent : viens ! Celui qui entend, qu’il dise aussi : viens ! Celui qui a soif qu’il s’approche, celui qui le désire, qu’il boive de l’eau de la vie, gratuitement ».

C’est tout le témoignage du Seigneur. Le Christ est venu apporter l’eau et l’Esprit. Du côté du Christ sont sortis l’eau et le sang. C’était l’Eglise dans sa plénitude et nous sommes dans ce mystère de l’Eglise qui est enveloppée de l’amour du Père et c’est pourquoi l’Esprit et l’Epouse, l’Eglise, disent « viens ». Cela se traduit dans la vie des saints par leur appel à connaître le Seigneur et entrer plus en avant dans son mystère. Comme Paul, nous désirons rencontrer le plus rapidement possible le Christ. Notre désir est de passer de ce monde à l’autre et c’est cela la vérité de l’Evangile. Celle-ci nous appelle à passer dans le mystère du Père : « oui, je viens sans tarder ».

« Amen, Viens Seigneur Jésus ! ». L’Apocalypse est ce livre de l’amen, de l’alpha et de l’oméga, du premier et du dernier, de celui qui est au commencent et à la fin, qui enveloppe l’histoire de son amour et qui la fait s’achever dans l’Eglise, puis de l’Eglise dans le royaume des cieux. C’est dans le mystère de la présence du Fils de l’homme, debout à la droite de Dieu que nous sommes engagés. C’est lui qui est avec nous, vivant au chœur de l’Eucharistie et nous lui lançons le même appel : « Viens Seigneur Jésus ».

Le texte de l’Evangile nous met au cœur de la prière du Christ. C’est encore ce mystère de splendeur du Fils de l’homme. Auprès de son Père, il prie pour nous tous, il prie « non seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé ». « Qu’ils soient un » : être un, c’est être pris dans le mystère de Dieu, c’est être pris dans cet amour qui nous enveloppe de partout. Ce que Dieu a voulu, c’est que dans son Fils, nous communions au Père et que dans le Père nous soit donné l’Esprit. Nous avons à nous ouvrir au mystère du Seigneur, à cette gloire infinie qui l’habite dés avant la création du monde. Et ce qu’il souhaite, c’est que l’unité entre les chrétiens soit parfaite, afin que le monde sache que le Père a envoyé son Fils et que le Fils les a aimés comme le Père.

Remarquez la puissance du texte : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi, soient avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donné parce que tu m’as aimé avant la création ». Nous sommes dans le mystère de Dieu, dans la plénitude du mystère de Dieu, dans sa profondeur dernière. Tout est pris dans ce qui est à l’origine du monde : l’amour infini, un amour qui a intégré le péché et la mort. Il les a intégrés dans le plan du salut.

Le Christ rend gloire à son Père de ce que ses disciples l’aient reconnu, et qu’à notre tour, dans la foulée, nous le reconnaissions. Il leur a fait connaître son nom c'est-à-dire ce qu’il est. Il leur a fait connaître l’amour infini. Il n’est que cela et il va le faire connaître pour que l’amour infini dont il est aimé soit en eux. Remarquez cette finale sur l’amour et la gloire. C’est le mystère de la densité d’amour de Dieu qui jaillit en nous et l’Eglise n’est que cela. Qu’au cœur de nos vies nous sentions une eau qui nous dit : « Viens vers le Père ! ».  Amen !

(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )

 

 

 

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