Année C

Sixième dimanche de Pâques, année C

Actes des Apôtres 15, 1-29 Apocalypse 21, 10-23 Jean 14, 23-29

 

Le Christ, dans son Eglise nous fait entendre des paroles extraordinaires : «  Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui ». Le mystère chrétien, c’est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Jésus-Christ lui-même dans l’Esprit Saint, venant demeurer auprès de nous.

Demeurer ! Demeurer traduit cette permanence, cette réciprocité d’amour. La demeure est un lieu où l’on se repose, où on est avec celui qu’on aime. Et cela, grâce à l’Esprit Saint. Le Seigneur nous dit en effet : « Je vous dis cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous aurais dit ». Il est important de méditer ces textes pour nous préparer à l’accueil de l’Esprit Saint à la Pentecôte.

Le chrétien est un homme, comme le dit Saint Jean dans son épître, a reçu l’onction de son Esprit, c'est-à-dire qu’il n’a pas besoin d’être enseigné puisqu’il est enseigné de l’intérieur par le mystère du Père qui est donné dans le Saint-esprit qui nous illumine. Il nous fait souvenir de paroles du Christ. Les apôtres ont découvert dans l’esprit Saint des paroles qu’ils n’avaient pas comprises de sa vie terrestre : « Détruisez ce temple et en trois jours, je le rebâtirai ».Ils n’avaient pas du tout saisi qu’il s’agissait du temple de son corps ; à la lumière de l’Esprit Saint, ils découvrent qu’il s’agissait du corps ; à la lumière de l’Esprit Saint, ils découvrent qu’il s’agissait bien du corps qu’ils ont vu en croix, mort et ressuscité, et de la construction de l’Eglise dans le mystère pascal. On pourrait développer un certain nombre des paroles du Christ, citons comme exemple l’accomplissement de la prophétie de Zacharie au moment de l’entrée de Jésus à Jérusalem : « Réjouis-toi, fille de Sion, voici que ton roi vient vers toi ». Ils ne comprenait pas alors pourquoi Jésus, monté sur un âne, était salué comme le roi d’Israël.

Les Paroles de l’Evangile doivent nous imprégner pour qu’elles nous transforment, qu’elles soient notre joie et notre paix. Ce qui est au cœur de  l’Evangile, c’est la demeure dans l’Esprit, la paix c'est-à-dire la plénitude des biens de Dieu, cette plénitude  de vérité et de liberté qui nous sont données par le Seigneur.

Jésus-Christ parle clairement : « C’est ma paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne ». La paix du Seigneur, c’est sa paix divine, sa paix messianique, sa paix vraiment plénière et totale. Il dit ensuite à ses apôtres. « Ne soyez pas donc bouleversés et effrayés » parce que sa mort et sa résurrection vont leur donner cette joie qui vient du Père, lorsqu’on est entré avec  le Christ dans le mystère de l’Esprit. Le chrétien est un homme extraordinaire, un homme qui a reçu le don de l’Esprit, ce don qui fait de nous tous des hommes nouveaux.

C’est dans cette perspective que nous devons lire texte des Actes des Apôtres où il est dit, à propos des différents liens dans l’Eglise et la convocation de Paul et de Barnabé qui viennent à Jérusalem : « L’Esprit Saint et nous nous-même avons décidés de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles… ». « L’Esprit Saint et nous même » ! Mesurons nous l’audace de cette expression ? Le collège apostolique prend ses décisions dans l’Esprit Saint et c’est pour cela que le mystère du Seigneur est donné dans ces décisions et ce sont des décisions de charité, de compréhension, ici de compréhension entre judéo-chrétiens. Ce que veut le Seigneur, c’est l’unité de son Eglise, avec à l’arrière-plan la Jérusalem céleste à laquelle nous devrions penser plus fréquemment. Si nous sommes le temple du Saint Esprit habité par Dieu, si nous en prenons de plus en plus conscience, nous découvrirons ce que le Seigneur veut de nous et nous comprendrons finalement que Dieu veut que nous soyons cette cité sainte resplendissante : « Dans la cité, je n’ai pas vu de temple, car son Temple, c’est le Seigneur, le Tout-Puissant, et l’Agneau. La cité n’a pas besoin de lumière du soleil ni de la lune, car la gloire de Dieu l’illumine, et sa source de lumière, c’est l’Agneau ».

Je voudrais que nous pensons à travers ce mystère de l’Agneau qui s’est immolé pour nous, qui s’est livré pour nous, que nous pensions à cette lumière qui habite le peuple de Dieu et qui doit devenir, en chacun de nous, plus consciente.

Le Seigneur est vraiment extraordinaire et merveilleux car ce qu’il veut, c’est notre communion à son mystère ; c’est que nous communions à la plénitude de son amour, quelles que soit les difficultés de ce temps. Nous devons regarder la cité sainte, la gloire qu éclatera dans nos vies, qui doit déjà exploser en nous et s’épanouir. Chacun de nos visages doit être un reflet du Fils pour être dans le cœur du Père et aimer dans la lumière de l’Esprit.

Laissons nous prendre dans cette action de grâces : le Seigneur vient, il ne cesse de venir en nous. La vie chrétienne est une vie de croissance continuelle. Qu’elle prenne en nous sa vraie dimension de lumière et d’amour. Amen !

(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )

 

 

 

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