Les homélies de ce Carême seront illustrées
avec les photos de la Terre Sainte.

Aujourd'hui : Béthanie, maison de Marie, Marthe et Lazare





"Jésus aimait Marthe et sa soeur , ainsi que Lazare..."



"...Béthanie était tout près de Jérusalem..."
















"Jésus dit : "Enlevz la pierre.""







 

ANNEE A

Cinquième dimanche de Carême

Jésus ressuscite Lazare

Ezéchiel 37, 12-14 Romains 8, 8-11 Jean 11, 1-45

 

Nous avons tous une certaine condescendance à l’égard de Marthe parce qu’elle s’est fait rabrouer par le Seigneur qui lui dit de ne pas tant s’agiter pour préparer les plats du repas.


Et pourtant dans l’évangile de Jean, Marthe proclame la plus belle confession de foi qui soit « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois. Tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ».

Marthe confesse le Christ dans sa plénitude. « Tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »Tu es le Messie, c'est-à-dire que tu es celui qui vient donner l’Esprit et nous entraîner dans sa vie. En ressuscitant Lazare, Jésus fait un miracle qui annonce cette vie dans l’Esprit. Ce sera toute la communauté chrétienne qui évangélisera le monde entier, qui pénétrera le cœur de tous les hommes. C’est aussi une proclamation solennelle de la gloire de Dieu.

Par ailleurs, Jésus pleure. L’évangile ne montre pas un Christ stoïque, fermé sur lui-même, c’est un homme désemparé devant la mort qui pleure avec ses amis. « Voyez comme il l’aimait ! ». Mais au delà de cette émotion bien admirable pour ce qui est du cœur humain de Jésus, c’est la confession de foi qui est décisive : « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois. Tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ».  Celui qui vient dans le monde, c’est le Fils qui repose dans l’Esprit et que le Père lui a envoyé pour lui le donner.

C’est lui qui est le Fils de Dieu, c’est lui qui vient dans le monde et qui ne cesse de venir. Au cœur de sa passion, le Christ déclarera solennellement qu’il vient, qu’il vient nous délivrer pour vivre dans l’Esprit. « Je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité » (Jn 18, 37).

St Paul nous dit : « Frères, sous l’emprise de la chair, on ne peut pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair mais sous l’emprise de l’Esprit puisque l’Esprit de Dieu habite en vous ». Etre chrétien, c’est être habité par le Saint Esprit. Être chrétien, c’est ressentir la provocation de la résurrection de Lazare, préfiguration de celle du Christ. Sous l’emprise de l’Esprit, le Christ nous transforme et nous recevons en quelque sorte les mœurs de Dieu. Nous avons les sentiments du Christ en nous et nous sommes transformés à son image. Nous sommes pris dans le mystère de l’Esprit qui habite en nous.

Croyez-vous véritablement que le Christ habite en vous, que vous êtes possédés par l’Esprit et que vous n’êtes plus sous l’emprise de la chair ? La chair désunit tout ce qui n’est pas sous l’emprise de l’Esprit. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas. Il nous faut vivre de l’Esprit du Christ, nous laisser justifier par l’Esprit, c'est-à-dire de nous laisser transformer  de l’intérieur par l’Esprit, par les vérités évangéliques pour nous ouvrir à notre Père des cieux et à tous nos frères. L’Esprit est votre vie. Il n’ y a pas de formules plus étonnantes. L’Esprit qui a ressuscité Jésus d’entre les morts est notre vie à tous et c’est cela que nous devons vivre. Nous devons faire l’expérience de l’Esprit en entrant dans le mystère du Christ dans la foi et en découvrant qu’il est vraiment ressuscité d’entre les morts et qu’il vient transfigurer tout notre être. Cette transfiguration commence déjà mais s’achèvera à la fin des temps. Elle commence déjà parce que nous sommes sous l’emprise de l’Esprit et donc influencés par le Christ dont nous devons avoir les sentiments dans notre cœur.
Sommes-nous prêts à agir sous les sentiments du Christ, selon cet amour que le Christ manifeste pour Lazare, selon cet amour qu’il y a entre Marthe et Marie, Lazare et Jésus ? L’évangile nous révèle une sorte de communion étonnante.

L’Esprit est notre vie. Sommes-nous capable de le dire en toute vérité ? L’Esprit nous inspire t-il à chaque instant ? Lui faisons-nous appel puisque la vie chrétienne n’est possible que si nous sommes en quelque sorte suspendus à l’action de Dieu, dépendants de l’action de Dieu et que si nous le prions constamment ? La prière n’est pas chose facile, cependant il faut demeurer dans la prière, demeurer dans l’Esprit, demeurer dans le regard du Père sur son Fils. C’est cela que le Seigneur nous demande et c’est cela qui manifestera au monde la résurrection, résurrection de notre corps mortel.

Nous sommes appelés à ressusciter. Je vous le demande solennellement, avant d’entrer dans la semaine sainte, croyons-nous vraiment que notre corps ressuscitera ?

Croyons-nous que notre corps connaîtra une rénovation totale ?

Croyons-nous que notre corps sera vraiment un corps tout transfiguré, tout illuminé, tout possédé par l’Esprit ?

Oh ! Me direz-vous, il y a la maladie, la souffrance, la mort, ce monde atroce ! Nous sommes dans un des mondes les plus atroces qui soit. C’est vrai mais le Seigneur n’est pas venu nous dire qu’il le ferait disparaître. Il nous demande de l’assumer dans l’amour et de témoigner comme le Christ de la puissance de Dieu.

« Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, donnera vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » Nous sommes déjà ressuscités dans le Christ puisque le Christ a déjà pris possession de notre être, nous avons à nous laisser transfigurer par sa lumière. Notre corps a beau être voué à la mort à cause du péché, nous vivons pour Dieu.

Vivre pour Dieu, voilà ce que le Seigneur nous demande. Si nous participons à la messe, c’est pour affirmer solennellement que nous dépendons de cette action de grâce qu’est le Christ à l’égard de son Père et du regard d’amour que le Père a pour son Fils. C’est dans cette réciprocité d’amour que nous sommes enveloppés. Nous sommes transfigurés et nous le seront jusqu’au bout. Notre chair toute entière sera remplie de l’Esprit Saint. Il n’y aura plus la moindre distance entre nos actions et nos intentions, entre ce que nous voudrions être et ce que nous sommes. Nous sommes ressuscités et nous ressusciterons. Nous confessons dans le Credo la résurrection d’entre les morts. Si le Christ est mort, c’est pour que nous soyons tous dans la lumière de l’Esprit. Il ne s’agit pas d’une résurrection comme celle de Lazare, très provisoire car il a dû repartir dans la mort. La résurrection dans l’Esprit nous prend au plus profond de nous-mêmes, à la racine de nous-même et nous transfigurera éternellement dans la gloire. C’est ce qu’annonce le prophète Ezékiel : « Vous serez que je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai sortir, ô mon peuple. Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez ».


« Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez. »
Si nous sommes chrétiens, nous sommes sortis des tombeaux pour être ouverts au ciel, à la vérité de Dieu, à la vérité de son amour.

Demandons au Seigneur dans l’Eucharistie que nous allons célébrer, de rentrer dans ce mystère de vie de l’Esprit, dans ce mystère que nous devons tous connaître.
Le Seigneur est le Seigneur, c’est dire ce Dieu vivant qui pénètre notre vie et la transfigure. Dieu est là dans chacune de nos vies, et dans l’Eucharistie nous rendons grâce pour ce qu’il a fait et fera.

« Vous saurez que je suis le Seigneur. »
La formule est étonnante. Vous saurez que je suis, moi, l’unique, celui qui transfigure les corps et les esprits, moi, celui qui ressuscite les morts, moi, celui qui triomphe du mal, à tout jamais mais qui triomphe en le faisant participer à la croix.

Supplions le Seigneur de découvrir son amour, de découvrir sa présence, d’être ouvert à la détresse du monde, non pas en paroles mais en actes, dans la vérité de Dieu. Amen !

(Extrait du livre : L' amour du Père révélé dans sa Parole. Homélies, année A. Parole et Silence )

 

 

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