Année B

Cinquième dimanche de Pâques

Actes des apôtres 9, 26-31 1 Jean 3, 18-24 Jean 15, 1-8

 

Saint Jean nous rappelle que « que nous devons aimer : non pas avec des paroles et des discours mais par des actes en vérité ». La vérité de l’amour se prouve par des actes ; l’amour tient dans les actes que nous posons en esprit et en vérité. « En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité et devant Dieu nous aurons le cœur en paix. ». Puis nous avons cette phrase inouïe à peine croyable : « Notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur, il connaît toutes choses ». Tout repose sur l’infinie miséricorde de Dieu et notre stabilité provient de cette miséricorde. Nous ne pouvons pas tenir par nous-mêmes , nous tenons dans le Christ. « Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît toutes choses. » Dès lors nous pouvons tout demander à Dieu avec assurance, si notre cœur ne nous accuse pas. Mais notre cœur nous accuse toujours, alors mettons-le dans la miséricorde de Dieu qui est splendeur, si bien que nous tenons avec assurance devant Dieu. Nous pouvons tenir avec l’assurance d’un Paul, d’un Jean, de tous les apôtres. Il nous accorde tout ce que nous lui demandons. C’est une question de fidélité fondamentale qui tient en un mot. Il faut croire au Fils de Dieu et nous aimer  les uns les autres. C’est vraiment la fidélité qui commande tout, cette fidélité que le Seigneur a eu pour sa vigne, cette fidélité qu’il a eue pour son peuple qu’il construit. Cette fidélité est la fidélité même de l’amour. « Celui qui demeure fidèle à mes commandements demeure en Dieu et Dieu en lui. » Mais toute cette attitude d’aimer en vérité, d’aimer en acte n’est pas possible que si nous nous appuyons sur le Christ : « En dehors de moi vous ne pourrez rien faire. »

C’est le fond du mystère du Christ : pris dans son mystère, nous demeurons dans son amour. Nous devons découvrir cette demeure : « Demeurez en moi comme moi en vous ». Porter du fruit, c’est demeurer greffer sur la vigne. « Moi je suis la vigne et vous les sarments. » Il y a  une unité fondamentale entre le Seigneur et nous. Pensons à l’expression dite par le Seigneur à saint Paul au moment de sa vision : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes » (Ac 9,5) Le Christ s’identifie à ses disciples et nous, nous devons demeurer dans ce mystère d’amour, demeurer au cœur de l’amour.

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit », beaucoup de fruits de sainteté, de vérité, d’amour. Le Seigneur veut nous faire comprendre qu’il faut entrer dans son mystère où tous nos péchés sont couverts par la miséricorde de Dieu, où tout nous est ouvert et où nous pouvons parler avec assurance de Dieu. L’assurance biblique est cet aplomb que nous pouvons avoir devant Dieu, cet aplomb que nous pouvons avoir parce qu’il nous aime. Nous nous appuyons sur son amour et nous demeurons en lui, alors nous sommes sûrs qu’il nous sauve. C’est la fidélité du Seigneur qui nous sauve, cette fidélité qui est affirmée depuis le début de la création, qui ne cesse de se développer et qui se manifeste dans le mystère du Christ. La vigne résume tout le mystère de la croix et de la résurrection dans lequel le Christ nous engage avec lui pour que nous chantions l’amour du Père.

Demandons au Seigneur dans cette Eucharistie, de nous laisser prendre dans l’amour du Père, de demeurer dans le Christ et de laisser le Père nous émonder, de nettoyer ce qu’il y a à nettoyer pour que la vigne porte beaucoup de fruits. Le Seigneur attend des fruits. Toute l’histoire de l’Eglise manifeste ces fruits, malgré ses faiblesses, malgré son péché, malgré sa misère. Si nous sommes fidèles aux commandements du Seigneur, nous sommes sûrs que Dieu demeure en nous et nous en lui. Cela vient de ce que nous recevons le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit nous est donné sans mesure, grâce au Seigneur qui est plongé dans le mystère de l’Esprit et qui glorifie le don de son Fils : « Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît toutes choses ».

Demandons au Seigneur de comprendre à quelle profondeur cette parole est dite. Dieu est plus grand que notre cœur et même si notre cœur nous accuse, nous n’avons rien à craindre. Dieu est plus grand que notre cœur. Il est plus grand que tout ; il s’agit de découvrir ce qu’il y a de plus original en Dieu, de tout ce qu’il y a de plus intime en Dieu. En Dieu, c’est l’infini de sa miséricorde, c’est l’infini de son amour, de sa joie, de sa paix. Nous avons à entrer dans la paix de Dieu. Si nous appartenons à la vérité, nous aurons le cœur en paix. Appartenir à la vérité, c’est croire à l’amour du Fils. La vérité dit saint Jean, vous le savez, c’est l’amour du Père qui se manifeste dans le Christ. Nous saurons que nous appartenons à la vérité parce que le Saint-Esprit est en nous et qu’il nous guide. Il nous fait aussi répondre aux inspirations de son amour. Demandons au Seigneur d’entrer dans cette miséricorde, de la comprendre de l’intérieur, de découvrir que le Seigneur est celui sans lequel nous ne pouvons rien faire. Il est notre tout, notre rédemption, notre miséricorde, notre paix, notre joie. Il nous donne tout et il demeure en nous. Demeurons dans son amour et nous verrons que la joie pénétrera notre cœur, la joie et la paix, cette joie et cette paix que le monde ne peut pas nous donner. « Moi, je suis la vigne, vous les sarments. » Que le Seigneur nous donne d’être fidèle à ce qu’il est. Il est le Fidèle, le Christ est le Fidèle, et nous avons à être fidèles comme le Christ, dans le Christ. Amen !

(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. Homélies, année B. Parole et Silence )

 

 

 

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