Année B

Troisième dimanche du temps ordinaire

Jonas 3, 1-10 1 Corinthiens 7, 29-31 Marc 1, 14-20

 

Les quelques versets de l’évangile de saint Marc que l’Eglise nous donne à méditer aujourd’hui nous donne tout le mystère de la bonne nouvelle en quelques phrases. « Jésus partit pour la Galilée proclamer la bonne nouvelle de Dieu ; il disait les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est là. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

Les temps sont accomplis. C’est dire que dans le dessein de Dieu, au moment où le Christ paraît, l’ensemble des promesses de Dieu faites à Israël s’accomplit. Le moment décisif est là, le règne de Dieu, est tout proche. Pourquoi ? Parce que le règne de Dieu apparaît dans la personne même du Christ. C’est dans le Christ lui-même qu’est le royaume et ce qu’il annonce, c’est cette proximité. Il est là. Il est déjà, il faut bien le reconnaître et il s’agit pour nous de nous convertir, de nous retourner et de croire à la Bonne Nouvelle.

Le règne de Dieu est tout proche. Dieu va décider ce qui est le plus essentiel : en nous donnant son Fils, il nous oblige à prendre parti. Nous devons jouer notre vie sur les paroles du Christ. Il nous faut découvrir à quel point le Seigneur est Unique, à quel point le Seigneur est merveilleux, à quel point il agit dans l’histoire des hommes pour transformer toute la vie. « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle », la Bonne Nouvelle de Dieu.

Le mystère du salut à ce moment là, est déjà engagé. Il faut se rendre compte que croire au Christ, c’est être appelé à une conversion incessante, c’est être appelé à un renouveau incessant. Il y a, bien sûr, le moment décisif, où on prend position pour ou contre le Christ mais l’Evangile demande notre conversion pour faire de nous des êtres nouveaux, des êtres vraiment recrées dans le mystère de Dieu.

Lorsque nous voyons le Seigneur appeler Simon  et son frère André, Jacques et son frère Jean, nous avons une idée de ce que Dieu veut. Ce sont des pécheurs et Jésus leur dit  « Je ferai de vous des pécheurs d’homme. Lorsque le Seigneur veut annoncer la Bonne Nouvelle du salut, il prévoit l’histoire dans laquelle sera engagée toute l’Eglise, et il demande à certains d’entre nous de marcher à sa suite, de devenir des pêcheurs d’hommes, de devenir des disciples.

« Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » N’est ce pas merveilleux de voir ce que le Seigneur fait ? L’appel « Suivez-moi », c’est l’appel à devenir des apôtres. Comme dit littéralement saint Marc, « il créa des apôtres » : c’est comme une récréation de leurs êtres. Ils sont tout nouveaux dans le mystère de Dieu et ils vont avoir à annoncer cette nouveauté. Des pêcheurs d’hommes. Ceux d’entre nous qui ont reçu l’appel à la vocation sacerdotale savent bien ce qui est en jeu. C’est vraiment un engagement total qui est exigé. Nous n’avons pas d’autre chose à faire que de suivre le Christ. Suivre le Christ avec cet environnement universel, avec cet horizon invraisemblable de l’envoi à tous les hommes du monde pour leur annoncer quoi ? Pour annoncer que le mystère du règne de Dieu s’accomplit dans le Christ Jésus, là sur la croix et dans la résurrection. Je voudrais que vous sentiez cet appel et cet absolu. « Venez derrière moi ». C’est un ordre. Le Seigneur montre toutes ses exigences. Il demande qu’on le suive, qu’on le suive jusqu’au bout.

Toute la vie chrétienne n’est d’ailleurs qu’une suite, qu’une poursuite. Etre à la poursuite du Christ pour être vraiment fidèles. Que ce soit Simon, que ce soit André, que ce soit Jean, que ce soit Jacques. Ils doivent laisser tout, tout de suite, et l’évangile le signale bien : « Jésus les appelle aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils le suivent ». Une parole qui fait surgir des hommes, des hommes qui feront à leurs tours surgir d’autres hommes, des hommes qui seront révélateurs de ce que nous sommes. Nous sommes appelés à être pris dans le mystère du Seigneur. Il faut que nous puissions parler de cette parole de Dieu avec vérité, que nous en fassions l’expérience.  « Venez et voyez » nous dit Jésus. Venez et voyez, venez derrière moi, demeurez avec moi et je ferai de vous des pécheurs d’hommes. Jésus choisit les douze pour être avec lui et annoncer l’Evangile. D’abord pour être avec le Seigneur. Nous avons à nous engager dans cette aventure invraisemblable qui est l’amour du Seigneur sur chacune de nos vies. Nous avons à découvrir le petit nom que le Seigneur nous a attribué, véritable vocation personnelle qui nous touche au plus profond de nous-mêmes. Nous avons à nous laisser prendre dans cette aventure personnelle qui est nouvelle pour chacun de nous. Le Seigneur nous appelle, il intervient dans nos vies, il intervient comme il lui plaît et il s’agit de répondre, à répondre à celui qui nous dit de le suivre, c'est-à-dire d’entrer dans son chemin, le chemin qui est le nôtre parce que c’est le sien. Nous n’avons qu’une chose à faire, suivre le Christ. Les apôtres ne sont rien d’autres que des hommes qui suivent le Christ pour que le monde entier découvre le visage de  Jésus-Christ.

Il faut faire l’expérience de Dieu. L’Esprit-Saint doit pénétrer profondément dans notre cœur. Il faut devenir des êtres habités, dociles au souffle de l’Esprit comme le Christ. Il est pris dans le mystère de son Père et dans le mystère des hommes. L’apôtre est l’homme qui fait l’expérience du mystère de Dieu et du mystère des hommes. Les deux à la fois, ou plus exactement de l’homme dans le mystère de Dieu. Convertissons-nous et découvrons ce que le Seigneur nous demande : être des hommes nouveaux pour un monde entièrement nouveau. C’est pour cela que saint Paul nous dit que le monde est en train de passer : « Frère, je dois vous le dire : le temps est limité… Ce monde tel que nous le voyons est en train de disparaître ». La seule chose qui compte, c’est notre option pour ou contre le Christ, tout est secondaire. Par rapport à cette option, tout est relatif. Il n’y a que l’amour qui emporte tout. C’est l’amour qui la clef de tout. Le Seigneur nous demande de le suivre dans cet amour invraisemblable qui est le sien.

Je voudrais vous dire au plus profond de votre cœur  que le Seigneur est le Seigneur, c’est quelqu’un de merveilleux, c’est quelqu’un qu’on connaît mieux que personne. Je voudrais que vous découvriez que Dieu est une personne vivante, redoutablement vivante, qui pénètre dans chacune de nos vies  et qui nous entraîne à sa suite. Nous sommes engagés dans une aventure extraordinaire et nous avons à faire confiance au Seigneur. Il est miséricordieux, il est tout amour et il nous aime comme le dit le prophète Isaïe : « Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime » (Is 43,4).

Il faut que nous découvrions cet amour, que nous nous laissions prendre par lui et que nous acceptions  de nous engager sur le chemin qui est le nôtre et que le Seigneur sait. Comme Pierre, nous aurons à le suivre là où nous ne voudrions pas aller mais la vérité chrétienne fait de nous des êtres renouvelés par l’Esprit de Dieu qui font l’étonnement de leurs frères… Il s’agit d’être des épiphanies de l’amour de Dieu. C’est cela qui compte. Alors nous laisserons nos filets et nous suivrons le Christ. Nous pourrons lancer le filet sur le monde, le filet de la Bonne Nouvelle du Salut. Le Seigneur nous a aimés jusqu’à mourir pour nous et ressusciter pour nous et nous entraîner dans sa gloire, dans sa joie. Amen !

(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. Homélies, année B. Parole et Silence )

 

 

 

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