Année C

Deuxième dimanche de Pâques, année C

Apocalypse 1, 9-19 Actes des Apôtres 5, 12-16 Jean 20, 19-31

 

L’Eglise nous met en face du mystère du Christ dans toute sa grandeur, dans sa vie étonnante et paradoxale. Il est là et il n’est pas là. Cet admirable texte de l’Apocalypse nous dit que Jean se retourna pour voir « comme un Fils d’homme vêtu d’une longue tunique : une ceinture d’or qui lui serrait la poitrine » : c’est le signe du sacerdoce du Christ, c’est le signe du Christ ayant triomphé de la mort et du Christ vivant. Et, d’ailleurs, il déclare avec force : « Sois sans crainte, Je suis le Premier et le Dernier, Je suis le Vivant, j’étais mort et me voici vivant pour les siècle des siècles. Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts ».

Ce que l’Eglise présente aujourd’hui, c’est le Christ immense et qui est pourtant l’un d’entre nous, l’un des milliards d’entre nous, mais qui est en même temps le Premier et le Dernier, le Principe et la Fin, celui qui commande tout. Il est le Vivant, il s’est identifié au Père, il est le visage du Père, il est le mystère du Père. A travers lui, en effet se manifeste l’amour du Père, la vérité du Père pour laquelle il est venu témoigner. Et il détient désormais les clés de la mort et du séjour des morts, c'est-à-dire la toute puissance de ce Christ qui domine l’histoire, qui enveloppe l’histoire de son amour, qui à travers toutes les souffrances, les persécutions dans lesquelles est et sera enveloppée l’Eglise, demeure là au milieu d’eux : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

Un Christ immense. Il faut que nous donnions au Christ son immensité, celle qui apparaît d’ailleurs dans la scène de l’Evangile qui est une reprise de la Genèse : « Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et leur dit : ‘’ Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez les péchés, il lui seront remis, tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus ‘’.  C’est le Christ, Fils de l’Homme, qui recrée le monde dans sa structure fondamentale et qui donne à ses disciples le pouvoir de remettre ses péchés par le baptême et la pénitence. Il a la toute puissance de l’Esprit entre les mains : « Recevez l’Esprit Saint ». Il donne l’Esprit pour que renaisse un monde nouveau, ce monde nouveau que nous ignorons si souvent et qui pourtant est la réalité profonde du monde.

Thomas doute, il veut mettre ses mains dans la marque des clous, son doigt à l’endroit des clous, sa main dans le côté, et il réclame un signe. Et le Seigneur lui demande d’être non plus incrédule mais croyant.

C’est le Christ vainqueur, triomphant de mort, que nous professons. C’est à ce Christ vainqueur que nous croyons. C’est ce Christ qui a été crucifié, qui est de nouveau vivant parmi nous, qui nous manifeste sa présence et qui nous rappelle aujourd’hui que tout ce qui a été écrit de lui ne l’a été que pour nous faire reconnaître qu’Il est le Fils de Dieu.

Dans le baptême auquel nous allons participer dans un instant, il faut nous souvenir du mystère de la transcendance de l’amour de Dieu. Nous sommes enveloppés dans l’amour de Dieu, nous sommes pris dans une aventure invraisemblable qui est l’aventure de Dieu et de l’homme, une aventure comme il n’en est pas, une aventure où chacun de nous a son propre rôle à jouer, une aventure qui est guidé par l’Esprit d’amour. Nous avons à confesser cet amour. Et le baptême est cette confession de l’amour invraisemblable dans nos vies, qui nous atteint chacun personnellement au plus profond de nous-mêmes. Cette confession apparaît dans le baptême qui est justement l’entrée, l’incorporation dans le mystère du Christ. Nous sommes pris en lui ; nous sommes enveloppés en lui. Il est le Vivant et nous vivons en lui. Paul peut ainsi dire : « Le Christ est notre vie ». C’est cela le mystère du baptême : entrer dans ce mystère de transformation de nous-mêmes, de recréation. Nous sommes des êtres extraordinaires, puisque le Seigneur nous a recrée par le fond de nous-mêmes. Par le baptême, il nous amène à confesser notre foi devant les hommes.

Alors demandons au Seigneur de retrouver la grâce de notre baptême, une grâce de renouvellement, de rafraîchissement, de nouveauté absolue. Le baptême n’est pas quelque chose que nous avons derrière nous, c’est quelque chose qui est actif en nous, c’est la personne même du Christ toujours agissante et puissante. C’est cet amour qui nous pénètre et qui nous transforme là où nous avons mal, qui nous touche là où il y a une blessure pour nous sauver, pour nous garder, pour faire de nous des hommes nouveaux, des hommes remplis de la joie de l’Esprit.

Un baptême, c’est un engagement et nous tous, parents, marraine et parrain devons en être bien conscients. C’est un engagement dans le mystère où celui qui est le premier, c’est le Seigneur.

Nous allons confesser comme jamais le Vivant, humblement, pauvrement mais réellement. « J’étais mort et me voici vivant pour les siècles ». Entrons dans la simplicité de la joie de Dieu qui triomphe de tout, du mal, de la maladie, de la mort. Il triomphe parce qu’il est le vainqueur remis entre les mains du Père. Tout a été fait en lui, tout a été fait par lui, tout a été fait pour lui.

Que nous soyons des confesseurs de foi, des hommes qui crient leur foi, qui ont été touchés par le Seigneur et qui ne peuvent plus s’en dépêtrer, parce que tout simplement l’amour du Seigneur est plus fort que tout et qu’il nous aime. Amen !

(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )

 

 

 

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