Année B

Deuxième dimanche du temps ordinaire

1 Samuel 3, 3... 19 ; 1 Corinthiens 6, 13... 20 ; Jean 1, 35-42

 

Qu’est ce qui caractérise le chrétien ?

Cet homme cherche autre chose que les autres hommes : il cherche le Royaume. Il est en quête perpétuelle : c’est la réalité fondamentale. Le chrétien axe sa vie sur le Royaume, le reste n’est que relatif à l’essentiel puisque le cœur de sa vie est le Royaume.

Cherchez et l’on vous ouvrira : la vie du chrétien est une ouverture au Royaume ou pour mieux dire une rencontre avec la personne du Christ. La découverte dans la prière n’est qu’une découverte dans l’Esprit-Saint de la personne du Christ et du Christ mort et ressuscité. Pour cela, il faut se laisser entraîner dans les profondeurs de Dieu, grâce à l’Esprit-Saint.

« Sois sans crainte petit troupeau, car votre Père s’est complu à vous donner le Royaume. » Cette phrase de l’Ecriture est merveilleuse car, par elle, nous savons que nous sommes dans la main de Dieu et désormais, tout jouera dans le monde en notre faveur, non pas du tout dans les apparences mais dans la réalité profonde du monde de Dieu : toutes les maladies, toutes les souffrances, toutes les contradictions et les difficultés, tout pourra être affiné dans un mystère d’amour : oui, sois sans crainte.

La prière demande une absence de peur :

1 Jean 4, 17-18 : « En ceci consiste la perfection de l’amour en nous : que nous ayons pleine assurance au jour du Jugement, car tel est celui-là, tels aussi nous sommes en ce monde. Il n’y a pas de crainte dans l’amour ; au contraire, le parfait amour bannit toute crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n’est point parvenu à la perfection de l’amour. Quant à nous, aimons puisque lui nous a aimés le premier. »

La prière suppose que la peur soit dépassée. La crainte de Dieu consiste à s’en remettre au Seigneur. A chaque apparition du Seigneur, il dit « Soyez sans crainte » ou « La paix soit avec vous ». Après la résurrection, c’en est fini pour l’humanité du Christ de la souffrance : il se complaît entièrement dans le Royaume que son Père lui a donné.

Le Seigneur nous donne sa joie mais il faut en trouver le plus bel angle : voici un exemple particulièrement bien commenté par le Seigneur comme il sait si bien le faire.

Luc 10, 17-20 : « Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

Le Seigneur met en garde ses apôtres : l’essentiel n’est pas de faire des miracles bien qu’il en ait fait lui-même mais il faut sans cesse avoir en vue la réjouissance finale et fondamentale, le Royaume de Dieu. Tout est subordonné à cela. La merveille de la prière est de réaliser ce que le Seigneur veut nous donner c’est son propre royaume de paix et de joie.

Sa présence nous est acquise jusqu’au bout de notre détresse même si elle nous est terriblement cachée. Nous n’avons plus à nous inquiéter de notre vie : tout nous sera donné à condition que nous cherchons la gloire du royaume.

Il s’agit d’une quête qui nous permet de goûter non pas la plénitude de notre vie mais les arrhes du Royaume. Nous avons à découvrir l’ampleur de notre vocation : Dieu veut habiter en nous. La prière consiste à faire de la place au Seigneur dans notre cœur, de le laisser ouvrir pour découvrir son visage.

Qu’est ce qui nous fera reconnaître notre vocation de chrétien :

Jean 13,35 : « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

C’est vraiment l’amour pour nos frères qui nous détermine en disciples ; le mal nous détermine en ennemis. Le cœur se voit sur le visage de l’homme.

Romains 8, 14-17 : « En effet, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Aussi bien n’avez-vous pas  reçu un esprit d’esclaves pour retomber dans la crainte ; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait écrier : Abba ! Père ! L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants et donc héritiers ; héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ puisque nous souffrons avec lui pour être glorifiés avec lui. »

Chaque chrétien doit considérer que la voie donnée par le Saint-Esprit pour suivre Jésus est notre voie. Toute la vie, la mort, la résurrection du Christ sont centrés sur le don de l’Esprit. Ce texte écrit pour la communauté romaine nous le montre bien. St Paul veut nous donner la signification très précise et très instante du chrétien. Qu’est ce qui fait le chrétien ? C’est qu’il est fils, grâce au Saint-Esprit. Les êtres baptisés ne sont plus dans la chair mais dans le Saint-Esprit. Cela ne veut pas dire qu’ils ont quitté le monde charnel mais qu’ils ont quitté le monde pécheur. Ils sont dégagés du monde pécheurs pour vivre sous la loi de l’Esprit. Le signe principal en est qu’ils ont reçu un esprit de fils adoptifs qui les fait crier Abba ! C’est une allusion très certaine à la communauté où les membres s’adressent très souvent au Père ! Le chrétien est celui qui peut dire Abba !

(Extrait du livre : Un chemin pour la prière. (page 43-48) . Parole et Silence )

 

 

 

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