Année B

Vingt-deuxième dimanche du temps ordinaire

Deutéronome 4, 1-8 Jacques 1, 17-27 Marc 7, 1-23

 

Sommes-nous des vrais adorateurs en esprit et en vérité ? Honorons-nous Dieu avec la profondeur et la spontanéité qu’il veut ? Avez-vous remarqué le dialogue entre le Christ et les pharisiens en même temps que les attaques du Christ ? « Vous laissez le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes ». On ne peut être plus dur pour montrer que le peuple de Dieu ne donne pas ce que le Seigneur attend. « Ce peuple m’honore avec des paroles, mais son cœur est loin de moi. Il est inutile le culte qu’ils me rendent ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains ». Le Seigneur met le doigt sur ce qui est au cœur  de toute vie chrétienne : le danger de se fermer sur elle-même, le danger de prendre les traditions humaines pour les commandements de Dieu, le danger de regarder uniquement l’extérieur.

Notre assemblée aujourd’hui ne se réunit pas pour une cérémonie ou un rite. Nous sommes là pour dévoiler notre cœur au Seigneur, pour recevoir sa vérité et nous engager dans sa vérité. C’est du dedans que nous veut le Seigneur. Le Seigneur nous demande tout simplement notre cœur. Il n’ y a pas d’autre culte ; le Seigneur nous demande de retourner notre cœur vers lui et le regarder. « Tu aimeras ton Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces, de tout ton esprit ». Tout, tout, tout, absolument tout. Le Seigneur veut que tout soit pris en nous par la charité, que tout soit pris dans l’amour de Dieu. Il ne s’agit pas de tradition comme de se laver les mains ou non. Il s’agit d’être vrai, de la vérité de l’amour qui répond à cet amour dont Dieu nous cherche. Dieu est à notre recherche. L’Eucharistie est un temps où nous nous laissons prendre par cette recherche de Dieu. Dieu nous veut à lui. Nous avons à le laisser faire, nous avons à le laisser agir en nous.

Une eucharistie n’est pas une cérémonie formaliste, non, c’est une aventure. Elle n’a de sens que par la croix et la résurrection du Christ. Elle n’a de sens que de l’intérieur. L’eucharistie est là pour nous tourner vers le Seigneur et faire que notre amour pour lui se développe à l’infini. Il ne s’agit donc pas de traditions humaines. « Ecoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort du cœur, voilà ce qui rend l’homme impur ». Le Seigneur nous explique bien ce qu’il désire en nous c’est que nous ayons un cœur pur. La pureté c'est-à-dire la transparence à l’amour de Dieu qui fait que nous tenons debout devant lui et que nous pouvons nous approcher du Seigneur et avoir accès auprès de Dieu.  C’est du dedans que nous nous éloignons de Dieu, c’est du dedans que sortent les pensées perverses, inconduites, vols, meurtres, débauches, envies, diffamations. Tout ce mal vient du dedans et rend l’homme impur.

Nous voyons se profiler à l’horizon la grande vision de Pierre où le Seigneur lui dit qu’il peut manger de tous les animaux, que tout est pur, que tout est lumineux. Le Seigneur nous demande de découvrir que notre culte n’a de sens  que pour rendre gloire à Dieu et pour être insérés au cœur du mystère de Dieu. Notre culte ne tient pas pour lui-même, il est là pour transformer notre conscience. Un culte qui ne porte pas de fruits, qui n’est pas à la mesure de ce que Dieu veut est un culte inutile, un culte qui n’a pas de sens. Il s’agit de découvrir que la vérité de l’amour est merveilleuse. La vérité est d’aimer le Seigneur comme il veut, en réponse à son propre amour. Il est à notre poursuite, il ne cesse de nous rechercher et nous avons besoin de le découvrir. Découvrir l’amour de Dieu.

Laissez-vous le Seigneur mettre la main sur vous ? Etes-vous disposer à laisser le Seigneur agir en vous, vous prendre, vous malmener, vous mener là où vous ne voudriez pas aller ? Vous avez à perdre votre cœur, vous avez à vous perdre tout entier pour trouver la vie et vous avez à vous donner jusqu’au bout comme le Seigneur s’est donné. Nous sommes pris dans ce mouvement et si il n’y a pas ce mouvement, il n’y a rien. Il faut tout donner, donner jusqu’au bout. Le Seigneur ne nous laissera pas tranquille tant qu’on aura pas donné jusqu’au dernier centime.

Nous donner à Dieu ! Ce n’est pas nous qui faisons ce don, c’est le Seigneur qui nous appelle. « Nul ne vient à moi si mon Père ne l’attire. » (cf. Jn 6) Demandons au Seigneur, dans cette eucharistie, de répondre à l’amour de Dieu avec un cœur qui se laisse mettre en cause, de se laisser transformer, de se laisser chahuter par le mystère de Dieu, de se laisser bouleverser par ce mystère. La vie n’a de sens que pour cela : la rencontre avec le Seigneur. Il fera tout pour que nous le rencontrions d’une façon qui vous étonnera peut-être parce que ce n’est pas celle que vous auriez choisie. Le Seigneur est le maître de l’impossible et il est capable de tout transformer dans nos cœurs. Demandons que nous découvrions le culte de Dieu, ce que représente ce culte et d’y être au plus profond de nous-mêmes.

 Le Seigneur nous demande notre cœur. Il n’ y a qu’un homme qui ait donné son cœur totalement, c’est le Christ. Ce que le Seigneur veut, c’est que tous nos cœurs soient pris par l’amour, transformés dans l’amour de Dieu de manière à aimer nos frères et à leur donner tout ce dont ils ont besoin. Il ne s’agit pas de s’attacher à la tradition des hommes mais il s’agit de reconnaître la grâce de Dieu et le commandement de Dieu. Alors nous découvrirons la plénitude de l’amour et l’amour sera tout pour nous. Amen !

(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. (Méditations et homélies dominicales pour l'année B).Parole et Silence )

 

 

 

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