Année B

Dix-neuvième dimanche du temps ordinaire

1 Rois 19, 4-8 Ephésiens 4, 30-5,2 Jean 6, 41-51

 

Il y a quelque chose d’étonnant dans l’évangile : le contraste entre les grandes affirmations solennelles du Christ et la faiblesse de sa personne, son humilité, sa pauvreté, sa condition humaine semblable à la nôtre. Ces paradoxes provoquent souvent le scandale : « cet homme n’est-il pas Jésus, le fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire je suis descendu du ciel ? »

Le Christ dit bien : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel ». Jésus-Christ veut nous faire admettre que nous devons vivre de lui et que c’est de lui que nous recevons la vie éternelle : « Celui qui croit en moi a la vie éternelle ». Mesurons-nous ce qui vient de nous être dit : celui qui croit en moi qui suis le Fils de Dieu incarné, le Fils de Dieu dans la pauvreté, celui-là a la Vie éternelle ?

Mais qu’est ce que la Vie éternelle ? La Vie éternelle est cette vie qui est dans le Christ lui-même, c’est cette vie qu’il y a entre le Père et le Fils, c’est cette vie d’amour qu’il y a au cœur de la Trinité toute entière et que le Seigneur nous communique. C’est pour cela qu’il peut se nommer : le Pain de la Vie. Il communique la vie, la plus totale qui soit, celle qui nous absorbe tout entier puisque la mort même est prise par la Vie.

« Celui qui mange de ce pain ne mourra pas ». Remarquez là encore l’étonnante formule. Celui qui mange de ce pain ne mourra pas ; il est descendu du ciel ! Un pain vivant comme il n’y en a pas d’autre, un pain qui nous dit tout le mystère de Dieu et tout le don de Dieu. Ce pain nous est donné pour notre trajectoire d’ici-bas qui est notre pèlerinage terrestre.

En marche vers l’Horeb, dans le désert, Elie n’en peut plus et dit au Seigneur : « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends  ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères ». Nous sommes tous, un jour ou l’autre confrontés à cette vérité. Nous sommes comme Elie, tentés de nous arrêter au bord du chemin s’il n’y avait pas ce pain, le Pain de la Vie. Ce pain inouï que le Seigneur nous donne est l’Eucharistie. « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde ». Une vie donnée en plénitude pour que le monde ait la vie. Pour découvrir cela, il faut croire au Christ. Il faut croire que, dans cet homme qui est Jésus, fils de Joseph et de Marie, il y a tout le mystère de Dieu, tout le mystère de la présence du Père qui nous est communiquée par le Saint-Esprit.

Nous devons, d’ailleurs, savoir que le Seigneur nous a marqués du sceau de l’Esprit et comme le dit saint Paul : « Faite disparaître de votre vie tout ce qui est amertume, emportement, colère, éclats de voix ou insultes, ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité. » Générosité et tendresse. Ce qui caractérise l’évangile, c’est la tendresse de Dieu. Saint Paul veut nous dire que la tendresse de Dieu s’est manifestée parmi nous à la venue du Christ. La tendresse de Dieu ! Dieu est-il pour vous tendresse infinie qui vous rencontre dans votre vie, dans la détresse, dans la souffrance, dans la pauvreté, dans la misère ? Vous rend-t-il plein de générosité ?

« Pardonnez-vous les uns les autres comme Dieu vous a pardonnés dans le Christ ». En déclarant qu’il est pour nous le Pain de Vie, le Christ nous demande d’imiter Dieu puisque nous sommes ses enfants bien aimés. Le Seigneur nous appelle à vivre dans l’amour. Et ce Pain qui descend du ciel n’a pas d’autre but que de nous faire vivre dans l’amour. « Il nous a aimé et s’est livré pour nous » en s’offrant en sacrifice. Notre vie est une vie dans la foi qui nous assure que nous ressusciterons.

Pensez-vous quelque fois à votre résurrection ? Croyez-vous que vous ressusciterez pour une vie éternelle, non pas pour un moment mais pour toujours ? Nous ressusciterons comme le Christ est ressuscité et nous serons auprès de Dieu, comme le Christ est auprès de son Père. Nous avons à découvrir que tout nous est donné dans le Christ, tout nous est livré en lui et s’il a pris une condition humaine, c’est pour nous faire entrer dans sa condition divine, c’est pour nous faire entrer dans la plénitude de sa vie.

« Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi ». Il s’agit de nous laisser attirer par le Père. Dieu nous appelle à découvrir que le Christ nous donne la vie éternelle, cette vie infinie, cette vie qui ne sera pas un ennui perpétuel mais la joie parfaite, la joie étonnante, la joie même de Dieu.

Dans l’Eucharistie, demandons au Seigneur d’être les enfants bien-aimés du Père, d’être plein de tendresse et de générosité, pleins de suavité comme disaient nos anciens. Nous sommes fait pour témoigner de la suavité de Dieu, de la douceur de Dieu. Laissons nous faire, que le Seigneur nous apprenne la tendresse. La tendresse entre nous sera l’image de la tendresse de Dieu. La tendresse enlève toute amertume, toute colère, donne simplicité et transparence à nos rapports entre nous. Le Seigneur est le Seigneur et il nous aime. Amen !

(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. Homélies, année B. Parole et Silence )

 

 

 

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