Année B

Dix-huitième dimanche du temps ordinaire

Exode 16, 2-15 Ephésiens 4, 17-24 Jean 6, 24-35

 

Saint Paul nous demande « d’adopter un comportement de l’homme nouveau, crée saint et juste dans la vérité, à l’image de Dieu ». Il s’agit de se laisser guider par un Esprit renouvelé, d’avoir le jugement transformé et de voir toutes les valeurs dans le mystère de Dieu. « Vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laisse guider par le néant de leur pensée ». C’est Dieu qui nous guide et qui fait de nous des hommes nouveaux, comme Pierre, Paul, Jacques, Jean, les apôtres, les saints. Il faut devenir des êtres nouveaux, tout recrées dans la nouveauté de Dieu.

Au cœur de l’évangile, la nouveauté est annoncée : être miséricordieux comme le Père céleste est miséricordieux, parfaits comme le Père céleste est parfait. Comme le dit saint Paul, cela exige que nous soyons saints et justes dans la vérité. Il n’y a rien de plus difficile pour l’homme que de tenir dans la vérité et de se laisser guider par cette vérité.

Nous percevons cette vérité dans le Christ à partir de formules très solennelles qu’il emploie lorsqu’il s’agit d’affirmations absolument essentielles : « Amen ! Amen ! Je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel : c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel ».

Pour devenir un homme nouveau, il faut recevoir l’Eucharistie. Il faut d’abord croire, se laisse prendre par la foi et ensuite communier au mystère de Dieu. Pour arriver à cela, il faut chercher mais non comme les hommes qui ont vu la multiplication des pains comme une recherche de la satisfaction de leurs propres désirs, de leurs propres plaisirs. Le Seigneur leur dit : « Oui, vraiment, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle ». Alors les juifs demandèrent : « Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez, en celui qu’il a envoyé ».

« L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez, en celui qu’il a envoyé ». Les juifs sont surpris. Il est évident, nous aussi, nous avons tendance à faire des œuvres, à multiplier ce que nous croyons bien et bon. Le Seigneur ne nous demande qu’une chose qui illumine tout le reste : c’est de croire en Jésus-Christ que le Père a envoyé. Jésus-Christ offre sa vie et va se donner comme le Pain du ciel.

« L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez, en celui qu’il a envoyé ». Quelle merveille ! Croire en Celui qu’il a envoyé ! Mais vous savez aussi comme cela est difficile car nous avons tous tendance à dire au Seigneur comme Gabriel Marcel : « Si j’étais Dieu, je n’aurais pas fait le monde comme cela ». Nous sommes enclins à reconstruire le monde alors que le monde que le Seigneur nous donne est un monde beaucoup plus beau, dramatique certes mais empli de la liberté de Dieu. Il est plein de la liberté de Dieu qui aime et qui fait exister dans l’amour, dans sa propre vie. L’œuvre de Dieu est de nous faire exister dans l’amour, il nous fait devenir semblables à lui et il nous donne pour cela le vrai Pain du ciel.

« Le Pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde ». Le Pain de Dieu ! Quelle belle formule ! C’est le mystère du Christ : il est le Pain dont on a besoin pour vivre. « Le Pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde ». Il vient donner la Vie. Il veut que ses disciples aient la vie en abondance. Il s’agit pour nous de croire que ce Pain est le Christ vivant au milieu de ses disciples, celui qui va donner sa vie dans la croix et dans la résurrection. Le Christ dit : « Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi, n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif ». Le Seigneur apporte tous les biens avec lui. Il apporte tout le mystère de Dieu et il nous apprend à le recevoir : « Moi, je suis le Pain de la Vie ». Je suis le Pain de la vie, de la vie qui ne finira pas. Nous devons nous demander aujourd’hui si nous croyons vraiment à cette vie qui nous est communiquée et qui est la vie éternelle ! La vie pour de bon, la vie qui dépasse toutes les apparences. Nous sommes déjà en présence de la vie, de la vie future, de la Vie telle que le Seigneur la vit.

Croyons-nous à la résurrection de la chair ? Croyons-nous à la résurrection que le Seigneur a faite dans son Fils et qui se passera en chacun de nous ? « Moi, je suis le Pain de la Vie ». Communier, c’est déjà communier à notre résurrection, communier à la puissance de l’action de Dieu ressuscitant le Christ, c’est déjà nous livrer au Seigneur pour qu’il fasse de nous ce qu’il veut.

Demandons au Seigneur d’entrer dans ce mystère de vie qui ne finira pas, de vie qui ne finira jamais, de vie qui est vraiment la vraie vie. Au cœur de l’atrocité de ce monde, nous avons tendance à croire que rien n’existe. Mais ce qu existe et ce pourquoi le monde a été fait, c’est l’œuvre de Dieu, c’est croire en Celui que le Père a envoyé. C’est croire que le Christ apporte la vie avec la plénitude de l’amour, la plénitude de la réalité, la plénitude dans toute sa réalité.  

Je voudrais vous souhaiter de croire vraiment en cette vie. Nous ne la voyons pas, nous ne la touchons pas et pourtant, elle est là ! La Vie est là dans nos cœurs, elle doit tressaillir et bondir de joie parce que le Seigneur vient  nous donner ce qu’il est, c'est-à-dire il vient nous donner en plénitude sa vie.

« Moi, je suis le Pain de la Vie ». Qui peut dire cela ? Le pain, le Pain de la vie, le pain qui nourrit éternellement. Dans cette eucharistie, nous demanderons au Seigneur de recevoir ce Pain qui déjà triomphe de la mort. Il triomphe déjà dans nos vies dans le don de l’Eucharistie.

C’est une merveille que le don de l’Eucharistie, c’est le don du Christ lui-même, c’est le don du Père donnant ce qu’il a de plus profond, son Fils dans l’Esprit-Saint. Demandons au Seigneur de nous laisser prendre par la foi et l’amour de Dieu. Tout nous sera donné. « Seigneur, donne nous ce pain-là, toujours ». Oui nous pouvons le dire et le demander au Seigneur. Qu’il transfigure notre vie, qu’il transfigure nos actes, qu’il nous transfigure tout entiers. C’est à cette condition que nous serons des hommes nouveaux, des hommes vivant de la vie de Dieu, des hommes pour qui « Moi, je suis le Pain de Vie » est une réalité, une réalité sublime, une réalité reçue dans la foi mais qui est splendide parce qu’elle nous ouvre le chemin de la vie, le chemin le plus extraordinaire qui soit, mais qui peut transformer tout en nous.

La vie, elle est là, elle nous est offerte en plénitude. Rendons grâce au Seigneur. Nous serons alors dans la joie de Dieu, dans la paix de Dieu. Amen !  

(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. Homélies, année B. Parole et Silence )

 

 

 

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