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Dimanche 6 juillet 2008 Quatorzième dimanche du temps ordinaire Zacharie 9, 9-10 Romains 8, 9.11-13 Matthieu 11, 25-30
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » Il n’ y a pas de parole plus étonnante qu’un homme puisse dire à tous les hommes. « Vous qui peinez sous le poids du fardeau ». Tous les hommes peine à un titre ou à un autre sous le poids du fardeau. L’insécurité, la souffrance, l’atrocité du mal, la maladie, la mort qui règnent dans le monde témoignent assez de ce poids effrayant. Pourtant le Christ nous dit : « Vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, venez à moi, et moi, je vous procurerai le repos ». C’est à chacun d’entre nous qu’il s’adresse et en même temps à tous les hommes : c’est l’universalité du monde. Voilà en quoi réside le mystère de la parole de Dieu : comment un homme comme nous, un homme qui était fatigué, un homme qui a été contredit, un homme qui va jusqu’à la mort pour proclamer son message, comment un tel homme peut-il dire : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » ? Jésus le dit parce qu’il est le fils de Dieu, parce qu’il est la splendeur de son Père et qu’il veut nous faire pénétrer dans le don qu’il veut faire à chacun d’entre nous. Ce don qui nous permet de ne pas peiner sous le poids du fardeau, c’est l’Esprit Saint qui vient dans le monde au coeur de la mort et de la résurrection du Christ. Le Seigneur, cet homme, je dis bien cet homme, cet homme qui n’en peut plus, cet homme qui agonise, cet homme nous dit : « Laissez-moi porter votre fardeau et portez-le avec moi ». Il y a là quelque chose d’extraordinaire, d’aussi extraordinaire que cette autre parole du Christ : « Qui de vous me convaincra de péché ? ». C’est en vérité une parole d’autant plus étonnante que le Seigneur nous fait une promesse : « et moi, je vous procurerai le repos », le repos c’est la mise en place de tout notre être dans le mystère de Dieu, et le développement de notre être dans ce même mystère. Nous sommes les disciples du Seigneur et, en conséquence nous devons accomplir ce qu’il demande : « Devenez mes disciples car je suis doux humble de cœur ». Doux et humble ne veut pas dire faussement humble ou faussement charitable. Cette expression « doux et humble » nous renvoie au visage du Seigneur remis à son Père, allant vers la croix et la résurrection, et qui le sait. Le Seigneur se tourne vers la mort et la vie avec toute la confiance qu’il met dans son Père. La véritable signification du repos procuré réside dans la connaissance de Dieu. « Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils sinon le Père, et personne ne connaît le Père sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. » Le Seigneur nous communique la connaissance qu’il a de son Père. Alors, tout devient transparent à la lumière de Dieu et le Christ peut dire à son Père : je proclame ta louange, je te bénis de ce que tu as agi comme tu as agi. St Paul nous dit : « vous n’êtes plus sous l’emprise de la chair, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous ». Le Seigneur nous fait don de l’Esprit Saint ; c’est pourquoi qu’il peut dire : « Vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, venez, et moi, je vous procurerai le repos ». Le Saint Esprit nous permet de tenir dans les difficultés, de tenir dans la souffrance, de tenir à travers tous les obstacles ou toutes les entraves que la vie peut mettre sur notre chemin, Dieu sait s’il y en a ! Le Seigneur vient nous donner l’Esprit Saint. Il n’est venu que pour cela. Il veut nous faire comprendre de l’intérieur de quel amour nous sommes aimés par Dieu. Nous sommes aimés à tel point que nous ressusciterons comme le Christ est ressuscité. Nous lui serons semblable et nous le verrons tel qu’il est. Donc, nous ne sommes plus sur l’emprise de la chair, la chair au sens des passions mauvaises qui se rebellent contre l’Esprit, mais nous devons vivre de l’Esprit qui brise en nous les désordres de l’homme pécheur. Vivre. Il y a dans l’évangile, une sorte de cri, d’appel à la vie, à la plénitude de la vie. Vivre, c’est connaître la vie de Dieu. : « Personne ne connaît le Fils sinon le Père, personne ne connaît le Père sinon le Fils ». C’est la plénitude de ce mystère que le Seigneur nous donne. Il nous appelle à porter son joug et alors nous lui serons semblables. Nous serons des enfants semblables à leur Père et nous nous laisserons aimer par le Seigneur à l’infini. La vie chrétienne est, il faut bien le dire, une vie extraordinaire. Le Seigneur nous demande de porter son fardeau. Qu’est-il ? Observer ses commandements, vivre comme il a vécu, nous engager à sa suite. Le « Suis-moi » de l’Evangile n’est que la conséquence de cet homme Jésus qui est Dieu et qui prend sur lui le péché du monde. Dans l’Eucharistie, nous chanterons ce mystère de gloire, ce chant d’amour qui jaillit du cœur du Christ : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». Sommes-nous des tout-petits, de ces êtres qui ont placé tout leur être en Dieu et qui se livrent inconditionnellement à l’amour du Seigneur comme il lui plaira ? Le Seigneur nous dit de passer par le chemin qui est le sien, celui que son Père a tracé pour chacun de nous en particulier. « Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté ». Demandons au Seigneur que le poids du fardeau soit compensé par le repos qu’il nous donne c'est-à-dire par cet amour réciproque au plus profond de nous-mêmes, sur lequel nous avons à nous reposer, cet amour du Père qui nous enveloppe de sa tendresse et de sa générosité. Le Seigneur est le Seigneur. Il est le Père, Seigneur du ciel et de la terre, il est d’une transcendance infinie et souvent sa conduite nous scandalise. Mais si nous la situons dans la perspective du Seigneur, elle deviendra lumière parce qu’elle n’est que lumière dans la miséricorde du Seigneur et dans sa louange. Le Fils n’est qu’action de grâce à son Père. Il l’est de tout éternité, il l’est dans toute sa vie d’homme, jusqu’au jour où nous ressusciterons. Confions-nous au Père. Laissons-le faire, il sait le chemin et il nous y conduit. Amen ! (Extrait du livre : L' amour du Père révélé dans sa Parole. Homélies, année A. Parole et Silence ) |
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