9 novembre

Fête de la dédicace de la basilique du Latran

Ezékiel 47, 1... 12 1 Corinthiens 3, 9... 17 Jean 2, 13-22

 

La multiplicité des noms du Nouveau Testament qui désignent le mystère de l’Eglise : corps, plérôme champ, vigne, demeure, temple (cf. Lumen Gentium I, 6), ne peuvent être compris avec exactitude que si ils sont pris dans leur complexité unifiée et non isolément. Dans leur multiplicité corrélative, les termes se corrigent les uns les autres. Peuple et corps ne trouvent leur plénitude que s’ils gardent entre eux la notion d’alliance sponsale, la notion de maternité. La cité sainte n’est-elle pas à la fois, fiancée, épouse, mère, temple dans lequel se fait la célébration du Père dans l’Agneau ? L’expression « femme-épouse-mère », dont les trois termes reviennent souvent dans le Nouveau Testament, exprime de façon privilégiée le mystère ecclésial. Pour le penser dans toute sa force, nous devons le rattacher à la paternité divine manifestée dans l’Eglise par le sacerdoce du Christ-Prêtre.

La relation entre le Christ et l’église est une relation sponsale et maternelle dans l’Esprit. Il n’y a de Fils que reposant dans l’Esprit d’Amour. En faisant don de lui-même à son épouse l’Eglise, le Christ lui communique quelque chose de ce par quoi il est l’image du Père. Dans cette perspective, la spécificité du sacerdoce ministériel par rapport au sacerdoce commun consiste à exercer une véritable fonction paternelle en intégrant au corps des membres nouveaux. C’est une fonction de re-création des hommes dans le mystère de Dieu. Quiconque recevra dans l’Eglise mission d’exercer en son nom une fonction de chef, sera marqué par le principe du Christ comme image parfaite du Père de qui toute paternité tire son nom au ciel et sur la terre. (Ep 3,4). Cette paternité exprimée par le sacerdoce dans l’Eglise ne peut s’exprimer qu’au sein d’une maternité, celle de l’Eglise. C’est dans le sein de la Mère Eglise fécondée par l’Esprit que s’engendrent les enfants de Dieu. Marie, Mère de l’Eglise est présente dès le départ.

L’Eglise est le lieu, le sein qui permet la naissance et la croissance. Elle fait reposer dans l’amour-source qui est l’Esprit  et permet ainsi l’intégration de toute la personne. L’homme ne s’intègre que dans l’amour. La structure de l’Eglise est une structure intégrante. La Tradition intègre le passé pour regarder vers l’avenir. Elle consiste à faire mémoire de l’actualité même du mystère du Christ pour que les hommes puissent intégrer leur passé dans le mystère de Dieu et être ainsi ouvert sur l’avenir, l’eschatologie.

Au niveau symbolique, la paternité sera donc signifiée dans l’Eglise par le sacerdoce et l’Apostolicité. Mais au fondement de l’Eglise, beaucoup plus radicalement encore, il y aura Marie. La proclamation de la maternité de Marie à la croix est absolument centrale dans le mystère de Dieu. Il n’y aurait pas d’activité apostolique sans cette présence mariale au coeur même de l’Eglise. Cependant, dans la façon dont le mystère du Christ est apparu au monde, Marie n’est pas au premier plan, même si elle est centrale. C’est la paternité de Dieu qui va d’abord être manifestée et celle-ci le sera essentiellement par les Apôtres.

Extrait du livre : L''Eglise, lumière dans notre nuit (Chapitre II La paternité divine et la structure de l'Eglise p. 30-31).Parole et Silence

 

 

 

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