Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

2 Rois 5, 14-17 II Timothée 2, 8-13 Luc 17, 11-19

 

Les textes que nous donne l’Eglise à méditer aujourd’hui nous mettent devant le fond de notre vocation chrétienne. Nous sommes tous des lépreux guéris par le Christ et nous avons à rendre grâce et gloire à Dieu.

Nous sommes tous des lépreux, c’est vrai ! Au plus profond de l’homme, nous le savons, c’est le péché qui nous habite et c’est de lui que le Seigneur vient nous délivrer. Le péché nous y croyons trop peu, c’est pourtant la grande réalité de ce monde et le difficile est de nous rendre compte dans la vérité, comme les saints le font.

Découvrir la profondeur du péché de l’homme, de notre péché qui nous envahit jusqu’au fond, c’est capital dans nos vies, d’autant plus que nous ne savons que la grâce du Seigneur vient nous guérir. Si nous savons que nous sommes des lépreux, nous sommes guéris en sachant que nos âmes sont plongées dans la nuit c'est-à-dire dans l’eau du baptême. Ce qui est extraordinaire au coeur de nos vies, c’est l’association de notre vie au mystère du Christ, cette entrée dans le passage qu’il a fait pour nous tous, ce passage dans la mort. Et des morts, le Christ est ressuscité pour nous. Dans le Christ, nous sommes morts et ressuscité, c’est la grande réalité de ce monde, par delà tout ce que nous savons de l’actualité du monde, par delà tous les drames, les horreurs, les violences et les souffrances.

St Paul proclame : « Souviens-toi de Jésus-Christ, le descendant de David : il est ressuscité d’entre les morts, voilà mon Evangile ». Ces paroles sont d’une grande simplicité, c’est   pourtant tout le mystère de Dieu parce que tout le mystère du Christ est un mystère de gloire, d’amour, un mystère de transformation de tout l’être. Le mystère du Christ est un mystère de plongée dans la mort et de rentrée dans la gloire pour que nous en fassions, nous, aussi, l’expérience. Le Christ est descendu dans l’abîme du péché d’une profondeur telle qu’il est le seul à connaître et que nous ne pouvons pas mesurer. Et, pourtant le Seigneur vient nous arracher ce péché qui nous colle à la peau.

Nous sommes choisis par Dieu parce qu’il nous appelle pour vivre de sa parole. « Voici une parole sûre : si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera. Si nous sommes infidèles, lui, il restera fidèle, car il ne peut se renier lui-même ».Le Christ est le Fidèle qui nous ouvre les portes de la vie. Rappelez-vous les icônes où le Christ descend en enfer et prend par la main Adam et Eve retenus captifs, il les soulève. Le Seigneur a triomphé de la mort et voilà la Vie. Il a triomphé merveilleusement pour nous entraîner dans sa gloire et de ce fait, nous ne sommes plus lépreux, nous sommes des hommes transformés par le Christ à condition de vouloir lui rester fidèles.

Le Christ est le Fidèle. C’est son nom par excellence. Il est fidèle au dessein de son Père et nous entraîne dans son dessein. Pour quoi faire ? Pour connaître sa gloire comme le fait le lépreux qui vient retrouver le Christ après sa guérison pour rendre gloire à Dieu.

Nous avons tous tendance à oublier les biens faits du Seigneur. Il est pourtant le vainqueur qui passe dans nos vies et qui nous fait expérimenter sa présence, c'est-à-dire nous manifester tout l’amour qu’il a pour nous. L’expérience de Dieu est une réalité profonde en ce monde. Celui qui rend gloire à Dieu dans ce passage de l’Evangile de St Luc est un Samaritain et non un Juif. C’est un humble qui a eu foi en Dieu et qui l’a rencontré personnellement. 

Nous avons à être fidèle au Christ. Il est le Fidèle, il n’est que fidélité. Je voudrais que cette fidélité nous prenne au cœur, nous transfigure dans une action de grâces incessante. Le chrétien est un homme qui rend grâce à travers la souffrance, les calomnies et la mort. Car à travers tout cela, c’est la gloire et donc l’amour de Dieu qui passe. Etre action de grâces, c’est être retour vers le Père, retour joyeux même au milieu de la souffrance, retour triomphal au cœur de la mort, puisque le Seigneur a passé par elle et en est ressorti triomphant.

Demandons au Seigneur que sa voie soit libre en nous, qu’il puisse y pénétrer comme il le désire. Il est Fidèle. Croyez le. Il fera des merveilles. Il faut qu’au fond de notre cœur, il y ait cette certitude qu’à travers tous ses desseins, le Seigneur est merveilleux. Nous sommes dans l’Eglise, sous la mouvance du Christ, nous sommes portés par lui. Qu’il nous donne de répondre dans la fidélité et dans l’action de grâces. Ce sera notre joie. Amen !

(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )

 

 

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