Vingt-sixième dimanche du temps ordinaire

Amos 6, 1-7 1 Timothée 6, 11-16 Luc 16, 19-31

 

La parabole de l’homme riche et de Lazare nous met devant le jugement qui concerne chacun d’entre nous et devant la conversion qui nous est demandée. Le riche découvre trop tard que le cœur du mystère de Dieu n’est pas ce qu’il pensait. Il exprime son seul désir en lui demandant que Lazare aille prévenir ses frères de changer de vie pour qu’ils ne viennent pas dans le lieu de tortures où il se trouve. Abraham dit à Lazare : « Ils ont Moïse et les prophètes : qu’ils les écoutent ! » « Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront ». Abraham répondit : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus ».

La conversion nécessite l’écoute de la Parole de Dieu. Mais pour écouter, il faut ouvrir son cœur afin que la Parole puisse éclater en nous pour produire ses fruits. La conversion est une affaire de cœur, une affaire de conversion intérieure : nous reposons entre les mains de Dieu et nous dépendons de Dieu.

Le pauvre par excellence n’a rien et est tout suspendu au mystère de Dieu. Lazare n’a pas eu de consolations en ce monde ; il est tout tendu vers le mystère de Dieu. Le riche se sclérose lui-même en ce monde, il ne comprend pas les pauvres parce qu’il ne comprend pas la valeur de la vie humaine et par suite la valeur de la conversion.

Amos annonce aux riches qui ont abusé des pauvres la déportation. Ils découvriront l’échec et la pauvreté. Voici quelques paroles de l’oracle terrifiant : « Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Jérusalem, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montage de Samarie. Couchés sur des lits d’ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les meilleurs agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres ; … mais ils ne se tourmentent guère du désastre d’Israël ». Le témoignage que nous avons à rendre de notre foi, c’est de nous convertir pour qu’un monde nouveau puisse naître.

Ce témoignage est celui dont parle St Paul dans sa lettre à Timothée : « En présence de Jésus-Christ qui a témoigné devant Ponce-Pilate par une si belle affirmation, voici ce que je t’ordonne … ». Pour se rendre conforme au Christ, St Paul exhorte son disciple à se battre pour la foi et pour obtenir la vie éternelle. St Paul lui rappelle : « C’est pour elle que tu as été capable d’une si belle affirmation de ta foi devant de nombreux témoins ».

Devant Ponce-Pilate, Jésus a rendu témoignage de la vérité. Le témoignage par excellence, c’est le témoignage du Christ qui nous renvoie au témoignage de la vérité du Père, dans l’amour du Père, et c’est en celui-ci que nous découvrons notre propre témoignage. Nous sommes enveloppés par le témoignage de Dieu, le témoignage du Christ et nous avons à notre tour à rendre témoignage en gardant le commandement du Seigneur, en attendant la manifestation du Seigneur. 

« Celui qui fera paraître le Christ au temps fixé, c’est le Souverain unique et bienheureux, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, le seul qui possède l’immortalité, lui qui habite une lumière inaccessible, lui que personne n’a jamais vu, et que personne ne peut voir ». Ce texte nous indique que notre foi n’a pas seulement une dimension d’éternité mais aussi une dimension eschatologique, c'est-à-dire une dimension qui règne jusqu’à la fin des temps. Il faut croire que le Seigneur va revenir, qu’il reviendra dans nos vies se manifester à nous et nous entraîner dans sa gloire.

Celui que personne n’a jamais vu est présent dans nos vies, c’est en lui que nous devenons une puissance éternelle et c’est pour cela que notre vie suppose la pauvreté. L’Evangile, particulièrement celui de St Luc, est marqué par la pauvreté car le Christ, lui qui était riche, s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté. Nous devons dans la pauvreté du Christ trouver notre richesse. Cela suppose, n’ayons pas peur des mots qu’il nous est nécessaire de nous débarrasser des biens de ce monde dans la mesure où nous n’en profitons pas en vue du dessein de Dieu. De plus, toute l’attente de la manifestation du Seigneur est subordonnée à l’amour de nos frères. La richesse est ce qui empêche le plus de rentrer dans le mystère de Dieu.

Dans St Luc, les béatitudes sont d’abord des béatitudes positives puis des malédictions : « Malheur à vous les riches, vous avez déjà reçu votre consolation ». Les vrais pauvres possèdent déjà le Royaume de Dieu. « Heureux les pauvres, le Royaume des cieux est à eux ». Il est là, il est déjà présent dans notre vie et il est déjà là, tout entier ! Dieu est infiniment présent à ceux qui se rendent disponibles à sa Parole, à ceux qui se laissent pénétrer au fond de leur cœur. Nous n’avons pas besoin de manifestations extraordinaires, nous avons besoin du témoignage de Moïse et des prophètes, et plus encore du témoignage du Christ à son Père, pour nous assurer de l’amour qu’il nous porte.

Chantons cet amour du Père, cet amour infini qui embrasse chacun d’entre nous, que nous trouvons dans nos vies pour en faire des foyers de lumière. « Vous êtes la lumière du monde ». Amen !

(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )

 

 

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