Dix-neuvième dimanche du temps ordinaire

Sagesse 18, 6-9 Hébreux 11, 1-19 Luc 12, 32-48

 

Les lectures de la Bible sont centrées sur l’espérance et l’attitude spirituelle qu’il faut avoir pour entrer dans le Royaume des cieux.

Le livre de la Sagesse nous évoque nos Père dans la foi, les promesses auxquelles ils ont cru, préfiguration de l’évènement Pascal. Nos pères étaient assurés du Seigneur dans leur marche vers leur délivrance. Ils étaient appuyés sur le Seigneur, il était leur Roc, leur point d’appui, il était leur tout.

La lettre aux Hébreux chante ce qu’est l’espérance. La foi est déjà le moyen de posséder ce que l’on espère. La foi est la substance de ce que l’on espère, des réalités que l’on ne voit pas. Dans la foi, nous possédons la réalité splendide du mystère de Dieu et cette réalité nous est donnée à la mesure même de notre foi, c'est-à-dire à la mesure où nous nous appuyons sur Dieu, où nous ne comptons que sur Dieu. Car notre vie est une aventure dans laquelle il ne faut penser qu’à Dieu. Si on a la possibilité de dire ce que l’on espère, c’est déjà dire tout le mystère de Dieu qui germe en nous et se développe. Tout est donnée et tout reste à faire. Nous avons à faire fructifier le don de la foi. Nous avons à le faire fructifier dans la réalité quotidienne, dans l’attente du Seigneur et dans la charité fraternelle. La lettre aux Hébreux nous montre quelques exemples de la foi et notamment Abraham, Sara, le sacrifice d’Isaac. Abraham obéit à l’appel de Dieu et part vers le pays qu’il ne connaît pas. C’est vraiment le mystère de l’appel, ce mystère de l’appel qui est sur notre vie. Nous sommes appelés à écouter la Parole de Dieu qui jaillit dans nos vies, à l’écouter dans le silence et  à y répondre pour nous préparer à passer auprès du Père.

Nous avons souvent peur de la Parole du Seigneur et pourtant c’est elle qui nous crée et recrée, c’est elle qui nous donnera d’être dans ce monde comme des étrangers, comme des hommes qui attendent la cité, celle dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte. Nous attendons cette cité que le Seigneur nous donnera toute entière dans sa Sagesse et dans la vérité. 

L’Apocalypse nous montre la Jérusalem céleste descendre du ciel et nous entraîne dans le mystère de Dieu. Une partie de la Jérusalem céleste est l’Eglise mais elle n’est pas seulement composée de ces hommes que nous voyons, pape, évêques, prêtres et tous les croyants. C’est beaucoup plus profond. C’est le mystère de Dieu qui enveloppe ceux qui sont morts et font partie de l’Eglise. L’Eglise va depuis Abel, le premier innocent assassiné, jusqu’à maintenant. Elle enveloppe l’avenir que Dieu construit et que nous attendons.

Le ciel est-il pour vous une réalité vivante ? Est-ce même la réalité fondamentale de nos vies ? Ou bien est-ce autre chose ? Posons-nous la question parce qu’il y va de notre foi. La foi est-elle le centre de votre vie ? La Parole de Dieu compte-t-elle pour vous dans votre vie de chaque jour ? Sommes-nous prêts à tout sacrifier, comme Abraham, puisque nous avons les promesses de la vie éternelle ?

Nous avons les promesses. C’est le mot promesse qui domine tout le texte de la lettre aux Hébreux parce que Dieu a promis à Abraham que des hommes aussi nombreux que les étoiles dans le ciel lui seraient donnés. Ce peuple immense que personne ne peut compter, est donné à un seul, le Christ maintenant ressuscité que nous attendons de voir comme il nous l’a promis.

Le Seigneur nous dit, en St Luc, de nous tenir en tenue de service et de garder nos lampes allumées. Dans la perspective de St Matthieu, cette attente doit se faire dans la charité fraternelle. Il s’agit d’attendre en faisant le bien, en nous donnant à nos frères, en nous livrant totalement dans l’attente du Seigneur qui va venir. Nous sommes tout tendu vers le retour du Seigneur. Y pensez-vous souvent ou pensez-vous plutôt qu’il faut appliquer la loi ? Pensez-vous que le cœur de la foi est cette tension vers la vie éternelle déjà commencée en nous, qui doit fructifier et s’épanouir ? La vie éternelle est là. Elle n’est pas pour demain. Elle est déjà donnée, elle est déjà livrée, elle est déjà en chacun de nous dans la mesure ou nous sommes capables de laisser la Parole de Dieu résonner dans notre cœur. Cette Parole de Dieu met en question nos vies et l’oriente là ou le Seigneur le veut comme Pierre, comme Jacques, comme Jean, comme tous les apôtres. Nous sommes à leur image, nous avons à suivre le Christ et à le découvrir.

L’intendant fidèle attend le retour de son maître tout simplement. Il ne sait pas l’heure, il ne peut pas savoir l’heure mais il est prêt : « c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ». Nous sommes tous dans cette situation. Le Fils de l’homme dans sa gloire, dans sa majesté, dans sa puissance est dans nos vies et cependant nous l’attendons. Il viendra. Il viendra pour chacun de nous à l’heure de notre mort et il viendra pour nous tous à la résurrection des morts. Croyez-vous tous à la résurrection des morts ? Nous ressusciterons. Nous chantons cette résurrection dans le Credo et après la consécration dans  l’Eucharistie. Croire à la résurrection d’entre les morts ! Ne faut-il pas être fou, à l’heure actuelle pour croire à cela ? Si nous avons compris que le Christ est le premier des ressuscités, c’est la chose la plus simple qui soit. Le Christ veut nous révéler le secret du Père et sa tendresse.

« Sois sans crainte petit troupeau car le Père a trouvé bon de vous donner le Royaume ». Le Seigneur a une affection toute spéciale pour son Eglise. Nous avons qu’une chose à faire comme le dit St Luc, c’est de liquider  nos richesses, quelles qu’elles soient, toutes celles que nous pensons inutiles.  « Vendez ce que vous avez, donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s’use pas, un trésor inépuisable dans les cieux ». Il s’agit de tout larguer pour le bonheur de Dieu. Il s’agit, comme dit St Paul, de gagner le Christ pour être avec lui pour toujours et regarder toutes choses comme de la balayure. Vous aurez à rendre compte que toutes les choses sont périssables et qu’une compte qui ne sera pas enlevée, qui demeurera, c’est notre charité envers le Seigneur, notre charité envers nos frères.

En attendant le Seigneur, nous savons ce que nous avons à faire : vivre de l’amour de Dieu, vivre de la charité fraternelle. Votre regard est-il tourné vers Dieu à chaque instant ? Essayez-vous, pendant votre travail, de regarder le Seigneur qui est là au cœur de votre vie ? « Si quelqu’un m’aime, moi et mon Père nous viendront à lui et nous établirons en lui notre demeure ». Notre trésor, est-il là ? Nous avons qu’un trésor, c’est Dieu et notre cœur doit être là où est notre trésor, c'est-à-dire en Dieu. Amen !

(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )

 

 

 

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