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Dimanche 13 juin 2010
Onzième dimanche du temps ordinaire
2Samuel 12, 7-10.13 Galates 2, 16.19-21 Luc 7,36 - 8,3
Accueillir la joie du salut
« Que tout homme
pieux et aimant Dieu se réjouisse dans cette belle et lumineuse
solennité, que le serviteur prudent entre avec allégresse
dans la joie de son Maître, que celui qui a fait effort pour observer
le jeûne reçoive maintenant le denier promis, que louvrier
de la première heure savance pour recevoir son dû,
quil rende grâce aussi louvrier de la troisième
heure et quil soit en fête, et celui de la sixième
heure, quil nait aucun doute, de son salaire rien ne sera
retenu. Quil sapproche sans hésitation, sans crainte,
louvrier qui a tardé jusquà la neuvième
heure ; et celui qui nest apparu quà la onzième
heure, quil ne seffraie pas de ce retard car le Seigneur est
généreux. Il accueille le dernier comme le premier ;
à louvrier de la onzième heure il accorde son repos
(le repos, cest la communion avec Dieu) comme à louvrier
de la première heure. Plein de miséricorde envers le dernier,
de complaisance envers le premier, il donne à lun et fait
présent à lautre. Il agrée luvre
terminée et donne à lintention son achèvement ;
il estime les actes et les désirs.
Cest pourquoi, entrez tous dans la joie de votre Maître :
premier ou second, prenez votre récompense. Riches ou pauvres,
tous ensemble, soyez en fête. Vous qui avez pratiqué labstinence
et vous qui lavez négligée, honorez ce jour. Que vous
ayez ou non observé le jeûne, exultez aujourdhui. La
table du festin est prête, venez tous y prendre part. Le veau est
engraissé : que personne ne parte affamé. Délectez-vous
tous au banquet de la foi, recueillez toutes les richesses de la miséricorde.
Que personne ne déplore sa pauvreté car il est apparu le
Royaume qui appartient à tous. Que personne ne gémisse plus
sur ses fautes puisque le pardon a jailli du tombeau Que personne ne redoute
la mort, celle du Sauveur nous a libérés ; lui qui
fut son prisonnier, il la écrasée ; lui qui descendit
aux enfers, il les a domptés ; la mort qui avait le goût
de sa chair, il la frappée. Isaïe dailleurs lavait
prédit : lenfer a été frappé de
mort lorsquil le rencontra sous terre. Frappé de mort, lenfer,
parce que vous lavez anéanti ; frappé de mort
parce que vous lavez tué ; frappé de mort parce
que vous lavez terrassé ; frappé de mort parce
que vous lavez enchaîné. Il vous considère comme
chair et voici quil rencontre un Dieu, comme terrestre et cest
le ciel quil voit, comme créature visible et sur linvisible
quil tombe !
Où est ton aiguillon, ô mort ? Enfer, où est
donc ta victoire ? Le Christ est ressuscité et tu es humilié ;
le Christ est ressuscité et les démons sont tombés ;
le Christ est ressuscité et les anges se réjouissent ;
le Christ est ressuscité et la vie demeure ; le Christ est
ressuscité, plus de mort dans les tombeaux car le Christ a surgi
dentre les morts, lui le premier dentre eux. A lui la gloire
et la puissance dans les siècles des siècles. Amen ! »
Le triomphe de la vie éclate dans ce texte dont il faut admirer
le crescendo extraordinaire qui part de lhomme pieux, du serviteur
prudent, de louvrier de la première à la onzième
heure : la vie est pour tous, plein de miséricorde et de sagesse.
En Dieu il ny a pas de juste milieu comme en nous : on se donne
un motif et on verra après. En lui, lorsquil a vaincu la
mort, il donne avec largesse et il donne plus quon ose espérer.
Personne ne déplore sa pauvreté. Maintenant tout est vu
du côté de Dieu et tout est repris que ce soit sur le plan
individuel et spirituel, que ce soit sur le plan social etc
tout est repris dans le Christ ressuscité. La vie est victorieuse
de tout parce que lui, le Fils de Dieu, a été frappé,
terrassé, est mort et lennemi suprême de Dieu, lenfer
-cest le diable- a été terrassé en ce sens
quil a toujours cru tomber sur quelquun de visible, de limité
et il a été terrassé parce que cest le ciel
lui-même qui sest entrouvert avec lui.
Cest un chant admirable de vérité, damour et
despérance. Délectons-nous tous au banquet de la foi :
cest une invitation à prendre conscience quà
chaque Eucharistie, cest la Résurrection que lon proclame :
mystère de foi !
(Extrait du livre : Le sens de notre vie Parole et Silence )
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