Onzième dimanche du temps ordinaire

2Samuel 12, 7-10.13 Galates 2, 16.19-21 Luc 7,36 - 8,3

Accueillir la joie du salut

« Que tout homme pieux et aimant Dieu se réjouisse dans cette belle et lumineuse solennité, que le serviteur prudent entre avec allégresse dans la joie de son Maître, que celui qui a fait effort pour observer le jeûne reçoive maintenant le denier promis, que l’ouvrier de la première heure s’avance pour recevoir son dû, qu’il rende grâce aussi l’ouvrier de la troisième heure et qu’il soit en fête, et celui de la sixième heure, qu’il n’ait aucun doute, de son salaire rien ne sera retenu. Qu’il s’approche sans hésitation, sans crainte, l’ouvrier qui a tardé jusqu’à la neuvième heure ; et celui qui n’est apparu qu’à la onzième heure, qu’il ne s’effraie pas de ce retard car le Seigneur est généreux. Il accueille le dernier comme le premier ; à l’ouvrier de la onzième heure il accorde son repos (le repos, c’est la communion avec Dieu) comme à l’ouvrier de la première heure. Plein de miséricorde envers le dernier, de complaisance envers le premier, il donne à l’un et fait présent à l’autre. Il agrée l’œuvre terminée et donne à l’intention son achèvement ; il estime les actes et les désirs.


C’est pourquoi, entrez tous dans la joie de votre Maître : premier ou second, prenez votre récompense. Riches ou pauvres, tous ensemble, soyez en fête. Vous qui avez pratiqué l’abstinence et vous qui l’avez négligée, honorez ce jour. Que vous ayez ou non observé le jeûne, exultez aujourd’hui. La table du festin est prête, venez tous y prendre part. Le veau est engraissé : que personne ne parte affamé. Délectez-vous tous au banquet de la foi, recueillez toutes les richesses de la miséricorde. Que personne ne déplore sa pauvreté car il est apparu le Royaume qui appartient à tous. Que personne ne gémisse plus sur ses fautes puisque le pardon a jailli du tombeau Que personne ne redoute la mort, celle du Sauveur nous a libérés ; lui qui fut son prisonnier, il l’a écrasée ; lui qui descendit aux enfers, il les a domptés ; la mort qui avait le goût de sa chair, il l’a frappée. Isaïe d’ailleurs l’avait prédit : l’enfer a été frappé de mort lorsqu’il le rencontra sous terre. Frappé de mort, l’enfer, parce que vous l’avez anéanti ; frappé de mort parce que vous l’avez tué ; frappé de mort parce que vous l’avez terrassé ; frappé de mort parce que vous l’avez enchaîné. Il vous considère comme chair et voici qu’il rencontre un Dieu, comme terrestre et c’est le ciel qu’il voit, comme créature visible et sur l’invisible qu’il tombe !
Où est ton aiguillon, ô mort ? Enfer, où est donc ta victoire ? Le Christ est ressuscité et tu es humilié ; le Christ est ressuscité et les démons sont tombés ; le Christ est ressuscité et les anges se réjouissent ; le Christ est ressuscité et la vie demeure ; le Christ est ressuscité, plus de mort dans les tombeaux car le Christ a surgi d’entre les morts, lui le premier d’entre eux. A lui la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. Amen ! »


Le triomphe de la vie éclate dans ce texte dont il faut admirer le crescendo extraordinaire qui part de l’homme pieux, du serviteur prudent, de l’ouvrier de la première à la onzième heure : la vie est pour tous, plein de miséricorde et de sagesse.
En Dieu il n’y a pas de juste milieu comme en nous : on se donne un motif et on verra après. En lui, lorsqu’il a vaincu la mort, il donne avec largesse et il donne plus qu’on ose espérer. Personne ne déplore sa pauvreté. Maintenant tout est vu du côté de Dieu et tout est repris que ce soit sur le plan individuel et spirituel, que ce soit sur le plan social etc … tout est repris dans le Christ ressuscité. La vie est victorieuse de tout parce que lui, le Fils de Dieu, a été frappé, terrassé, est mort et l’ennemi suprême de Dieu, l’enfer -c’est le diable- a été terrassé en ce sens qu’il a toujours cru tomber sur quelqu’un de visible, de limité et il a été terrassé parce que c’est le ciel lui-même qui s’est entr’ouvert avec lui.
C’est un chant admirable de vérité, d’amour et d’espérance. Délectons-nous tous au banquet de la foi : c’est une invitation à prendre conscience qu’à chaque Eucharistie, c’est la Résurrection que l’on proclame : mystère de foi !

(Extrait du livre : Le sens de notre vie Parole et Silence )

 

 

 

 

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